Bush maintient les sanctions contre Khartoum

Agence France Presse

Agence France Presse, 13 Octobre 2006

Le président George W. Bush a ordonné vendredi le maintien de la totalité des sanctions contre le gouvernement soudanais, mais y a ajouté l'interdiction de toute transaction liée aux activités pétrolières et pétrochimiques, a annoncé la Maison-Blanche.

Le décret signé vendredi par M. Bush maintient le blocage de tous les avoirs du gouvernement soudanais aux États-Unis, imposé le 3 novembre 1997 par le président Bill Clinton.

Le décret invoque «les politiques et les actions du gouvernement du Soudan, qui violent les droits de l'Homme, en particulier (...) au Darfour», région du Soudan en proie à la guerre civile.

Le décret ajoute aux mesures de 1997 l'interdiction faite à tout Américain de transaction en lien avec les industries pétrolières et pétrochimiques au Soudan, y compris les services relatifs aux champs de pétrole et les gazoducs et les oléoducs.

Outre le blocage des biens et des intérêts du gouvernement soudanais aux États-Unis, le décret de 1997 interdit l'importation de tous les biens et services en provenance du Soudan, à l'exception de ceux qui ont trait à l'information.

Il proscrit l'exportation ou la réexportation des États-Unis ou par des Américains vers le Soudan de biens, de services et de technologies nécessitant une license fédérale, à l'exception de ceux à but humanitaire ou médical. Il interdit aux Américains l'octroi de prêts ou de crédits au gouvernement soudanais.

À l'époque, la Maison-Blanche invoquait le soutien de Khartoum au terrorisme international, les efforts de déstablisation des gouvernements voisins et les violations des droits de l'Homme, la pratique de l'esclavage et la négation des libertés religieuses.

Aujourd'hui, toute l'attention de la Maison-Blanche porte sur le Darfour où, selon l'ONU, la guerre civile et ses conséquences humanitaires ont fait au moins 200.000 morts depuis février 2003.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé le 31 août l'envoi d'une force de l'ONU d'environ 17 000 soldats et 3.000 policiers pour prendre la relève de la Mission de l'Union africaine (AMIS).

Mais le président soudanais Omar el-Béchir s'oppose farouchement à un tel déploiement, qu'il assimile à une tentative de recolonisation du Soudan.
Le décret signé vendredi participe de l'engagement du président George W. Bush pour le Darfour.

M. Bush affirme qu'un «génocide» est en cours au Darfour. Il a ouvertement dénoncé l'inaction, selon lui, de l'ONU au Darfour, l'une des grandes causes humanitaires de sa présidence.

En même temps que le décret, M. Bush a signé un «acte pour la paix et la responsabilité au Darfour» appelant au soutien du gouvernement local du sud-Soudan, à l'aide aux efforts de paix au Darfour et à l'assistance économique à certaines régions particulières du Soudan.

Cet acte ainsi que le décret excluent à présent ces régions, à commencer par le Darfour et le sud-Soudan, de l'interdiction de commerce et de transaction.