Six mois de plus au Darfour

Redaction

Afrique Centrale Info, 01 Décembre 2006

L'Union Africaine (UA) a décidé de prolonger de 6 mois le mandat de sa force de paix (Amis) dans la province soudanaise du Darfour, a annoncé jeudi soir à Abuja le responsable de son Conseil de paix et de sécurité, Saïd Djinnit.

A l'issue du sommet Afrique-Amérique du sud, l'UA a tenu un mini-sommet consacré au Darfour en présence du président soudanais Omar el Bechir, et sous la houlette du président de la Commission de l'UA Alpha Ouma Konaré.

"Nous avons accueilli avec satisfaction les propos du Soudan qui a accepté le contrôle de commandement (de la force) par l'ONU", a déclaré M. Djinnit devant la presse à l'issue de la réunion à huis clos, sans préciser l'identité de la personne qui s'était exprimée au nom du Soudan.

Le 16 novembre, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, avait annoncé à Addis Abeba que le Soudan avait accepté "le principe" d'une "opération hybride" ONU-Union africaine (UA) pour une mission de paix au Darfour, région de l'ouest du Soudan en guerre civile.

"Les troupes seront essentiellement africaines, mais nous aurons éventuellement besoin de troupes d'appui de l'ONU", a précisé jeudi Djinnit Saïd, qui a indiqué l'Union africaine va maintenant déterminer l'importance de la force et désigner le commandant de cette dernière "en concertation avec le secrétaire général de l'ONU".

Le CPS de l'Union Africaine a par ailleurs décidé de nommer un représentant spécial pour le Darfour qui sera nommé conjointement par Alpha Oumar Konaré et le sécrétaire général de l'ONU.

L'UA a également décidé qu'elle évaluera la situation au bout de six mois et envisagera alors la possibilité d'une nouvelle prolongation du mandat de sa force de maintien de la paix.

Avant la réunion du CPS, le président soudanais avait une nouvelle fois exprimé son opposition à une force onusienne au Darfour: "Plus que jamais nous sommes convaincus que toute décision de déployer une force internationales au Darfour, quelle qu'en soit la taille, sous le parapluie de l'ONU en application de la résolution 1706, ne ferait qu'ajouter à la complexité de la situation et aurait un impact négatif qui conduirait certainement à une détérioration de la situation".

"Pour éviter des conséquences désastreuses, cette réunion du CPS doit prendre la décision sage de maintenir l'AMIS avec le soutien logistique, technique, humain et financier nécessaire de l'ONU", avait-il encore souligné.

Le Darfour, en proie à une guerre civile depuis 2003, est une vaste région partiellement désertique de l'ouest du Soudan, frontalière du Tchad, de la Libye et de la République centrafricaine.

Selon l'ONU, au moins 200.000 personnes y sont mortes, victimes des combats ou de la famine, et plus de 2,5 millions ont été déplacées sur une population totale de six millions d'habitants. 200.000 Soudanais se sont réfugiés dans l'est du Tchad.

En dépit de l'accord de paix de mai 2006 entre le gouvernement et une partie des rebelles, les violences et la crise humanitaire y perdurent.