Le Soudan plus conciliant à l'égard des casques bleus au Darfour

Reuters

Tribune , 08 Janvier 2007

Les autorités soudanaises pourraient accepter le déploiement de casques bleus non africains au Darfour si les contributions sont insuffisantes sur le continent, a déclaré un conseiller du président Omar Hassan al Bachir, revenant sur la fin de non recevoir opposée jusqu'ici aux projets de l'Onu.

Khartoum a récusé la résolution 1.706 du Conseil de sécurité autorisant le déploiement d'une mission de maintien de la paix de 22.500 hommes dans cette région de l'ouest du Soudan en proie à un conflit qui a fait 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés.

Le compromis proposant de placer ce contingent sous le commandement conjoint de l'Onu et de l'Union africaine, qui compte déjà 7.000 "casques verts" au Darfour, n'a pas davantage trouvé grâce aux yeux des autorités soudanaises.

Moustafa Osman Ismaïl, conseiller du chef de l'Etat, a toutefois déclaré lundi que le commandant de la force de l'UA au Darfour serait à même de décider l'envoi de troupes non africaines, faute d'une mobilisation suffisante de la part des pays du continent.

"La priorité est que ces troupes soient africaines. Mais supposons que nous ne parvenions pas à lever ses troupes en Afrique. Dans ce cas, nous seront prêts à accepter des troupes non africaines", a-t-il déclaré à Reuters.

Prié de dire si des casques bleus pourraient être déployés au Darfour, il a répondu par l'affirmative.

La veille au soir, dans son premier discours de l'année, le président avait lui aussi adopté un ton plus conciliant à l'égard de l'Onu.

"Nous sommes pleinement en accord avec eux sur le rôle des Nations unies en ce qui concerne le soutien à l'UA", a-t-il déclaré, remerciant en outre l'ancien secrétaire général Kofi Annan, qui a cédé sa place début janvier au Sud-Coréen Ban Ki-moon.