Darfour et Corée du Nord, priorités du mandat de Ban Ki-moon

Reuters

L'express, 02 Janvier 2007

Ban Ki-moon a entamé mardi son mandat de secrétaire général de l'Onu en promettant de se saisir de la crise du Darfour. Interrogé sur l'exécution de Saddam Hussein, le diplomate sud-coréen n'a pas fait écho à l'opposition traditionnelle de l'organisation à la peine de mort.

Après avoir passé la haie d'honneur formée par les gardiens de la "Maison de verre", Ban, qui a officiellement pris la succession du Ghanéen Kofi Annan, s'est immédiatement rendu dans une pièce réservée à la méditation pour rendre hommage aux casques bleus tombés en mission.

Discret pendant la phase de transition, il s'est ensuite adressé à la presse, promettant ouverture et disponibilité.

Prié de se prononcer sur la pendaison, samedi à l'aube, de l'ancien président irakien, l'ancien chef de la diplomatie sud-coréenne a rappelé que Saddam s'était rendu coupable de "crimes odieux et d'atrocités innommables", ajoutant, conformément au droit international, que "la question de la peine capitale relève de chaque Etat membre".

Si les Nations unies "sont fermement hostiles à l'impunité", elles "restent opposées à la peine de mort, y compris en cas de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide", rappelle en revanche Achraf Qazi, son représentant spécial en Irak, dans un communiqué diffusé mardi.

A Rome, Romano Prodi, président du Conseil, a fait savoir que l'Italie, qui vient d'intégrer le Conseil de sécurité, ferait campagne en faveur d'un moratoire universel sur la peine de mort.

En ce qui concerne le Darfour, le conflit qui fait rage depuis bientôt quatre ans dans cette région de l'ouest du Soudan figure très haut dans l'ordre du jour, a par ailleurs assuré Ban, qui rencontrera mercredi matin le diplomate suédois Jan Eliasson, son représentant spécial à Khartoum, avec lequel il s'est déjà entretenu au téléphone.

"L'EFFORT DOIT ÊTRE COMMUN"

Le secrétaire général a en outre annoncé qu'il se rendrait au sommet de l'Union africaine prévu fin janvier à Addis-Abeba pour évoquer le conflit avec le président soudanais Omar Hassan al Bachir.

"En m'engageant dans le processus diplomatique, j'espère que nous serons en mesure de résoudre pacifiquement et aussi vite que possible ces graves questions", a-t-il insisté.

Le Darfour est le théâtre d'une guerre civile et d'exactions à grande échelle qui ont fait 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés depuis février 2003. L'Onu s'efforce de venir à bout de l'hostilité de Khartoum au déploiement d'une force de maintien de la paix co-dirigée par l'Union africaine.

Ban a également fait du dossier nucléaire nord-coréen l'une des priorités de ce début de mandat.

"En tant que secrétaire général, je vais d'abord m'efforcer de faciliter les progrès dans les négociations à six et j'évoquerai le sujet en profondeur avec les six parties (les deux Corées, les Etats-Unis, la Russie, la Chine et le Japon) ainsi qu'avec les membres du Conseil de sécurité pour être en mesure de jouer mon propre rôle", a-t-il déclaré.

Ban a toutefois assuré avoir pleinement conscience de l'étendue et des limites de sa charge. "Aucun individu, pas même le secrétaire général de l'Onu, aucun pays, pas même le plus puissant, ne peut résoudre tout cela. L'effort doit être commun", a-t-il souligné.

Le diplomate a par ailleurs promis d'encourager son équipe à communiquer avec les médias et les Etats membres.

Lors d'une réunion à huis clos avec le personnel dont il supervise désormais la tâche, il a déploré que l'administration onusienne fasse l'objet de critiques parfois injustifiées et a souhaité une réaction urgente pour dissiper celles qui le sont.

Sa porte-parole, Michele Montas, a quant à elle indiqué qu'Annan avait rendu visite lundi à son successeur, à son hôtel new-yorkais, avant de quitter les Etats-Unis pour gagner l'Europe. Annan a également téléphoné au président américain George Bush pour lui faire ses adieux, selon la Maison blanche.

Enfin Montas a gratifié la presse d'un bref cours de coréen, expliquant que le nom du nouveau secrétaire général se prononçait "Bahn Gui-moune".