L'ONU va soutenir l'UA au Darfour, doutes sur une force hybride

Reuters

Reuters, 27 Décembre 2006

Le Soudan a accepté mercredi l'envoi d'un petit nombre de militaires de l'Onu en appui aux forces de l'Union africaine au Darfour mais le gouvernement de Khartoum a démenti tout accord sur le déploiement dans l'ouest du pays d'une "force hybride" composée de casques bleus et de soldats de l'UA.
"Il a été convenu que des militaires et des policiers de l'Onu porteraient leurs uniformes nationaux avec un béret bleu de l'Onu. En outre, ils porteront un brassard de l'UA", ont annoncé l'Onu et l'UA dans un communiqué conjoint.

Cette décision doit permettre le déploiement d'un contingent de 105 membres du personnel de l'Onu d'ici la fin du mois de janvier, dont 38 observateurs avant la fin de l'année, précise ce communiqué.

Les Nations unies vont également fournir l'équivalent de 21 millions de dollars à l'Union africaine, notamment en ordinateurs, en matériel de communication et en réservoirs d'eau. Les forces de l'UA déployées au Darfour n'ont pas réussi à mettre fin aux violences.

Le gouvernement soudanais a jusqu'à présent constamment refusé le déploiement de casques bleus au Darfour, où le conflit civil a fait 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés depuis février 2003, début du soulèvement de rebelles issus des populations noires opposés aux troupes gouvernementales elles-mêmes appuyées par des miliciens arabes.

Dans un communiqué séparé, l'Onu a affirmé mercredi que Khartoum avait accepté le déploiement d'une force conjointe Onu-UA, mais les autorités soudanaises n'ont pas confirmé ce point.

Les responsables du gouvernement ont pour leur part évoqué un soutien renforcé de l'Onu à l'UA et ont démenti tout déploiement d'une "force hybride".

"Nous sommes convenus d'un soutien en trois phases des Nations unies à l'Union africaine (...) financier, technique et personnel", a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ali al-Sadig, lors d'une conférence de presse à Khartoum.

Priés de dire si un accord avait été conclu au sujet d'une force hybride, trois ministres présents à cette conférence ont répondu: "Non".

L'accord porte sur une "opération conjointe", a insisté Sadig, soulignant que le personnel de l'Onu éventuellement déployé au Darfour travaillerait plutôt en bureau que sur le terrain.