Guerre au Tchad

Redaction

Afrique Centrale Info, 09 Décembre 2006

De très violents combats ont à nouveau opposé samedi les rebelles tchadiens de l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) et les forces gouvernementales autour de Biltine, dans l’est du Tchad, a-t-on appris de sources rebelle et gouvernementale.

Moins de quarante-huit heures après une première confrontation autour de cette localité située à 150 km de la frontière du Tchad avec le Soudan, les troupes de l’armée nationale tchadienne (ANT) ont été une nouvelle fois sérieusement accrochées alors qu’elles procédaient à une opération de ratissage autour de Biltine, selon une source gouvernementale.

Des affrontements à l’arme lourde ont éclaté samedi dès l’aube à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de la ville et se sont poursuivis jusqu’à la mi-journée, ont rapporté les rebelles et l’armée.

Les deux camps ont souligné que ces combats avaient été particulièrement violents et chacun d’eux a revendiqué la victoire.

"Les gouvernementaux ont été complètement anéantis après quelques heures de combats. les rescapés sont en train de refluer en désordre", a affirmé dans un communiqué le vice-président de l’UFDD Acheikh Ibn Oumar.

Dans un bilan qualifié de "provisoire", le responsable rebelle a affirmé que les troupes de l’UFDD avaient recensé "plus de 300 cadavres et une cinquantaine de véhicules détruits dans les rangs des gouvernementaux" et que "plus de 200" soldats gouvernementaux s’étaient rendus.

De leur côté, les autorités de N’Djamena ont affirmé avoir repoussé les rebelles de l’UFDD. "Des renforts de l’armée sont en route pour Biltine, les rebelles se sont repliés dans les ouadis (oueds)", a affirmé une source officielle s’exprimant sous couvert de l’anonymat.

Cette même source a affirmé que 200 à 300 rebelles avaient été tués lors de cette opération. Interrogée par l’AFP, une source gouvernementale s’est refusée à livrer pour l’heure un bilan de la bataille, affirmant vouloir éviter "toute guerre des chiffres" avec les rebelles.

Des sources officielles tchadiennes ont toutefois indiqué que plusieurs dizaines de blessés de l’ANT avaient été évacués sur Abéché, la principale ville orientale du pays, les plus gravement atteints devant ensuite être rapatriés sur N’Djamena, à 700 km plus à l’ouest.

A l’issue de cette journée, les troupes gouvernementales contrôlaient toujours la ville de Biltine, selon une source officielle.

Les alentours de cette localité avaient déjà été le théâtre de violents combats jeudi après-midi. Après être entrée sans résistance à Biltine, une colonne de l’UFDD avait attaqué à l’extérieur de la ville les troupes gouvernementales qui venaient à sa rencontre, puis s’était retirée.

Comme à l’issue de la bataille de samedi, l’UFDD et le gouvernement avaient publié des bilans totalement contradictoires de ces affrontements.

Depuis deux semaines, les mouvements rebelles hostiles au président Idriss Deby Itno, au pouvoir depuis 1990, ont multiplié les opérations coup de poing de ce type dans l’est du Tchad.

Tour à tour, l’UFDD du général Mahamat Nouri et la coalition emmenée par le Rassemblement des forces démocratiques (RaFD) des frères Tom et Timan Erdimi ont ainsi attaqué plusieurs localités, dont Abéché et Biltine, avant de se replier pour éviter la riposte des forces gouvernementales.

Ces opérations ont contraint les agences des Nations unies et les ONG humanitaires à réduire les opérations qu’elles mènent dans la région au profit des 200.000 réfugiés de la province soudanaise voisine du Darfour et des 90.000 Tchadiens déplacés par les violences.