Les jandjawid poursuivent les massacres

Redaction

Afrique Centrale Info, 19 Décembre 2006

Près de 40 personnes ont été tuées le week-end dernier dans l'est du Tchad lors de l'attaque de deux villages par des hommes armés non identifiés et les combats avec l'armée gouvernementale qui ont suivi, a déclaré mardi le gouvernement tchadien.

Ces assaillants, présentés par le gouvernement comme des jandjawid, les milices arabes supplétives de l'armée soudanaise accusées de massacres dans le Darfour, ont tué 5 réfugiés soudanais du camp de Koukou Arangana, à moins de 100 km de la frontière entre le Tchad et le Soudan, et 15 civils tchadiens, a déclaré le ministre de la Communication Hourmadji Moussa Doumgor.

Parmi ces civils, "une femme a été brûlée et un homme éventré" et les villages d'Aradibé et Habilé, à l'ouest de Koukou Arangana, ont été brûlés, a précisé le porte-parole du gouvernement dans un communiqué.

Après ces raids, les combats qui ont opposé les agresseurs aux forces gouvernementales ont fait "8 morts, dont les yeux ont été arrachés et emportés, et 8 blessés" dans les rangs de l'armée, selon M. Doumgor.

Lors de ces accrochages, 9 assaillants ont été tués et 4 faits prisonniers, a-t-il ajouté.

En révélant dimanche ces attaques, le ministre la Sécurité publique, le général Routouang Yoma Golom, avait fait état de 2 morts et 6 blessés parmi les civils, alors qu'une source humanitaire avait parlé à l'AFP "d'une trentaine" de morts parmi la population et les réfugiés.

Il y a un mois et demi, une vague de violences intercommunautaires avait ensanglanté le sud-est du Tchad, faisant plus de 400 morts, selon le gouvernement tchadien, pour la plupart dans les communautés non arabes.

Pour tenter de les enrayer, les autorités ont instauré jusqu'en mai l'état d'urgence dans la majeure partie du pays.