La corne de l¹Afrique s¹embrase : L¹Ethiopie bombarde les troupes islamistes en Somalie

Redaction

Http://www.albayane.ma, 25 Décembre 2006

Le conflit somalien a pris dimanche une nouvelle dimension avec l¹annonce par l¹Ethiopie de son intervention dans ce pays, en proie à une guerre civile depuis 15 ans, et les mises en gardes se multiplient contre les risques d¹une déstabilisation régionale.

«On ne peut pas exclure les scénarios catastrophes et une situation de chaos et de déflagration régionale», dans la Corne de l¹Afrique, a déclaré à l¹AFP Saïd Djinnit, commissaire pour la paix et la sécurité de l¹Union Africaine (UA).
Les combats qui opposent depuis la semaine dernière les miliciens de l¹Union des tribunaux islamiques somaliens (UIC) et les forces du gouvernement de transition se sont étendues du secteur de Baïdoa, dans le sud de la Somalie, vers le centre du pays.
Dimanche, face à la poussée des islamistes, l¹Ethiopie qui soutient les fragiles institutions de transition a, pour la première fois, selon des témoins, utilisé son aviation pour accompagner une contre-attaque non loin de sa frontière.
Le gouvernement éthiopien a admis avoir lancé ses forces terrestres dans la bataille, ce qu¹il niait jusqu¹à présent, faisant état de son droit à la légitime défense. Les milices islamiques avaient dénoncé cette implication éthiopienne et accusé le voisin majoritairement chrétien d¹avoir des visées expansionnistes.
L¹UA avait pourtant déployé des efforts pour «limiter l¹implication de l¹Ethiopie, dont on comprend les préoccupations sécuritaires», reconnait M. Djinnit.
L¹Ethiopie, berceau de la chrétienté en Afrique, est fermement opposée au pouvoir des Tribunaux Islamiques, dont les partisans contrôlent dorénavant de vastes portions du territoire somalien. Addis Abeba argue également de la reconnaissance internationale dont bénéficie le gouvernement de transition pour le soutenir.
Mais, alors que l¹UA, l¹ONU, et la Ligue Arabe ont appelé en vain à la cessation des hostilités et à la non ingérence étrangère, le principal rival de l¹Ethiopie dans la région, l¹Erythrée, est soupçonné de soutenir l¹UIC.
Son objectif serait d¹affaiblir Addis Abeba avec laquelle Asmara a un contentieux frontalier depuis huit ans. La guerre entre les deux pays entre 1998 et 2000 a fait plus de 80.000 morts.
«L¹Erythrée sait très bien que si elle essaie d¹ouvrir un autre front, les Ethiopiens iront jusqu¹au bout, c¹est à dire Asmara ou Assab. Donc, il est difficile pour eux de s¹engager directement en Somalie», estime toutefois un diplomate occidental en poste à Addis Abeba.
Mais pour un autre diplomate, l¹internationalisation du conflit en Somalie, même si elle est encore contenue, est d¹ores et déja une réalité : «l¹Ethiopie est engagée, l¹Erythrée aussi, si l¹on en croit un rapport de l¹ONU, les pays du Golfe aident les tribunaux islamiques».
«Pour l¹instant, seule Djibouti n¹est pas impliquée», note un diplomate de l¹UA. L¹enclave de Djibouti héberge une importante base militaire française et abrite la seule implantation militaire permanente des Etats-Unis en Afrique.