Tchad: le HCR étudie le déménagement des réfugiés vers l'intérieur du pays

Redaction

Afp, 21 Décembre 2006

Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) étudie la possibilité de déplacer ses camps de l'est du Tchad, qui accueillent 230.000 réfugiés soudanais du Darfour, vers l'intérieur du pays pour des raisons de sécurité, a indiqué jeudi son chef.

"C'est une opération qui, du point de vue sécuritaire, serait très intéressante, mais qui naturellement représente un défi énorme parce qu'on parle de délocaliser 230.000 personnes vers une zone située à 600 km à l'intérieur" du pays, a déclaré à l'AFP le Haut-commissaire Antonio Guterres à l'occasion d'un déplacement à N'Djamena.

"Il y a une équipe mixte du gouvernement tchadien, du Programme alimentaire mondial (PAM) et du HCR qui a fait une première visite des localités désignées comme possibles pour cette relocalisation", a ajouté M. Guterres.

"Il y a un travail à faire maintenant pour étudier d'une façon très rigoureuse la viabilité de cette opération", a-t-il poursuivi.

Après plusieurs de ses ministres, le président tchadien Idriss Deby Itno avait estimé le 30 novembre qu'il était "urgent" de déménager vers l'ouest, pour des raisons de sécurité, les camps de réfugiés originaires du Darfour, actuellement installés près de la frontière du Soudan.

"Nous avions déjà insisté par le passé sur la nécessité de relocaliser deux camps qui sont très proches de la frontière, non seulement pour des raisons de sécurité, mais aussi pour assurer le caractère civil des camps de réfugiés et éviter le recrutement forcé des réfugiés par les groupes armés qui pullulent dans la région", a rappelé M. Guterres.

Depuis plusieurs mois, la sécurité s'est considérablement dégradée dans l'est du Tchad, théâtre de combats entre les rebelles tchadiens hostiles au président Deby et l'armée gouvernementale, de violences intercommunautaires et de raids d'hommes en armes venus du Soudan.

En raison de ces événements, les agences de l'ONU et les ONG humanitaires ont récemment réduit leurs opérations et leur personnel dans l'est du Tchad.

Arrivé mercredi soir à N'Djamena, le patron du HCR doit se rendre vendredi dans l'est du pays pour visiter certains des camps qui y accueillent les 232.000 réfugiés soudanais du Darfour et 90.000 civils tchadiens qui ont fui les récentes violences intercommunautaires.

Les dernières violences ont fait une quarantaine de morts le week-end dernier lors de l'attaque de deux villages par des hommes armés. Une vague de violences entre communautés s'était soldée en novembre par la mort de 400 civils.

A la suite de ces exactions, le gouvernement a instauré jusqu'en mai 2007 l'état d'urgence sur la majeure partie du territoire.