Darfour , le conseil de sécurité appuie le principe d'une force hybride ONU-Union africaine

Redaction

All Africa, 19 Décembre 2006

Dans une déclaration présidentielle adoptée aujourd'hui, le Conseil de sécurité a souscrit aux conclusions de la réunion d'Addis-Abeba du mois de novembre, qui avait abouti à un accord sur la formation d'une force mixte des Nations Unies et de l'Union africaine pour maintenir la paix dans la région du Darfour en proie à une nouvelle flambée de violence.

La réunion de haut niveau convoquée par le Conseil de sécurité et de paix de l'Union africaine, qui s'est tenue le 16 novembre dernier, avait conduit à la publication d'un communiqué qui avait reçu l'approbation du gouvernement du Soudan sur le principe et certaines modalités de la mission commune (dépêche du 17.12.06).


Le président Béchir avait néanmoins adressé une lettre au Secrétaire général qui selon lui nécessitait des « clarifications ».

Kofi Annan a annoncé hier l'envoi d'un émissaire spécial qui doit obtenir les éclaircissements nécessaires auprès de Khartoum sur les éléments restés en suspens, notamment la taille de la force et sa composition exacte (dépêche du 18.12.06).

Dans sa déclaration, le Conseil de sécurité « accueille avec satisfaction le fait que le gouvernement d'unité nationale se soit déclaré attaché aux conclusions et au communiqué ».

Le Conseil a appelé toutes les parties à appliquer sans délai les conclusions et le communiqué.

Il a demandé à cette fin de faciliter la livraison immédiate de modules d'appui légers et lourds des Nations Unies à la Mission de l'Union africaine au Soudan, conformément aux accords d'Addis-Abeba et d'Abuja.

Il a aussi demandé le déploiement d'une « opération mixte » au Darfour « bénéficiant de l'appui technique et des structures et des systèmes de commandement et de contrôle fournis par les Nations Unies » - il s'agit là de la force des Nations Unies et de l'Union africaine.

Le Conseil a aussi réaffirmé qu'il était « profondément préoccupé par la dégradation des conditions de sécurité au Darfour et ses répercussions dans la région ».

La semaine dernière, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno Ocampo, a réaffirmé devant le Conseil de sécurité que « les éléments de preuve recueillis fournissent des motifs raisonnables de croire que les personnes identifiées ont commis des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre, y compris des crimes de persécution, de torture, de meurtre et de viol ».

Encouragé par le Secrétaire général, le Conseil des droits de l'homme s'est aussi saisi de la question.

A l'issue d'une session extraordinaire, les 47 membres du Conseil des droits de l'homme se sont finalement mis d'accord le 13 décembre sur l'envoi d'une nouvelle mission d'enquête « pour évaluer la situation des droits de l'homme au Darfour » (dépêche du 13.12.06).

Kofi Annan a par ailleurs annoncé aujourd'hui qu'il avait demandé à Jan Eliasson, ancien président de l'Assemblée générale, de servir, a partir du mois de janvier, comme Envoyé spécial pour la crise au Darfour (dépêche du 19.12.06).