Des centaines d'humanitaires évacués du Darfour et du Tchad

Redaction

7/7, 15 Décembre 2006

Quelque 250 personnes travaillant pour plusieurs ONG internationales ont été évacuées du Darfour (Soudan) et plus de 400 de l'est du Tchad, où la situation se détériore, a annoncé l'ONG Oxfam International vendredi.

"Le personnel humanitaire fait face à des difficultés sans précédent à un moment où les besoins en aide augmentent rapidement", observent plusieurs ONG travaillant dans la région: Concern Worldwide, Goal, International Rescue Committee (IRC), le Norwegian Refugee Council et World Vision, dont Oxfam se fait le porte-parole.

Ces ONG s'associent dans un appel urgent pour "un cessez-le-feu à effet immédiat", prévenant qu'"un abandon total de la part des Nations Unies et des ONG internationales laisserait la voie libre à une violence incontrôlée dans la région". "Bien que temporaire espérons-le, ces évacuations sont de plus en plus souvent nécessaires", a souligné Oxfam.

Ainsi, le "manque de sécurité" a entraîné l'évacuation de 250 personnes employées "dans des lieux clés au Darfour qui servent quelque 480.000 personnes". Près de 13.000 travailleurs humanitaires oeuvrent normalement dans cette région. Avec l'augmentation de l'activité militaire et de la criminalité dans la région, les humanitaires sont désormais souvent directement pris pour cible.

Les ONG ont également retiré "plus de 400" membres de leur personnel de l'est du Tchad en deux semaines à cause "d'une augmentation similaire des attaques contre les travailleurs humanitaires et des vols de matériel essentiel", indique Oxfam. Avec 40% de leur personnel évacué, les organisations limitent leurs actions aux "activités indispensables de secours", ce qui a pour conséquence d'interrompre le ravitaillement régulier de milliers de réfugiés.

Au cours de ces dernières semaines, les agressions se sont multipliées, trois entrepôts d'agences humanitaires ont été saccagés, plusieurs tonnes de matériel ont disparu. Depuis le début de l'année, 50 véhicules d'ONG ont été attaqués et volés. "La grave détérioration de la sécurité dans la région du Tchad voisine du Darfour risque de déboucher sur une crise alimentaire et sanitaire pour des centaines de milliers de personnes", souligne Oxfam.