Force de l'ONU au Darfour: l'Egypte suggère une réunion internationale

Agence France Presse

Agence France Presse, 10 Octobre 2006

Le chef de la diplomatie égyptienne a suggéré une réunion du Conseil de sécurité, avec une participation arabe et africaine, pour convaincre le gouvernement soudanais d'accepter une force de l'ONU au Darfour en proie à la guerre civile, dans une déclaration publiée mardi.

"La question du Darfour nécessite une mobilisation arabe et de jeter des ponts entre les Arabes et les Africains d'une part, et la communauté internationale de l'autre", a déclaré Ahmed Aboul Gheit au quotidien gouvernemental Al-Ahram.

"Cela peut se faire lors d'une réunion à New York du secrétaire général de la Ligue arabe (Amr Moussa), du président de la commission de l'Union africaine (Alpha Oumar Konaré) et de la présidence du Conseil de sécurité", a-t-il dit.

Il s'agirait d'une "réunion du Conseil de sécurité destinée à dégager les lignes directrices de la mise en application de certains éléments de la résolution 1706" sur l'envoi de casques bleus au Darfour.

"La réunion doit aussi se pencher sur les assurances à fournir au Soudan pour qu'il réalise qu'il n'y a rien qui se trame contre lui", a ajouté M. Aboul Gheit, en référence au refus de ce pays d'une force de l'ONU.

"La communauté internationale est mobilisée (sur le Darfour) et il nous revient d'apaiser la tension pour ne pas se retrouver face à une confrontation entre le Soudan et la communauté (...) qui aurait des conséquences en Egypte", a-t-il dit.

Dans le même ordre d'idée, M. Aboul Gheit a suggéré d'éviter de faire participer les pays occidentaux à la force de l'ONU au Darfour.

"Il convient de renforcer la force africaine (qui passerait sous commandement de l'ONU) avec des éléments de pays musulmans et asiatiques et d'éviter que des armés occidentales soient visibles", a-t-il déclaré.

Le Conseil de sécurité avait décidé fin août d'envoyer une force de l'ONU de quelque 17.000 soldats et 3.000 policiers au Darfour pour prendre la relève de l'Amis, la force africaine, mal équipée et sous-financée.

Mais ce projet se heurte au rejet du président soudanais Omar el-Béchir, qui assimile ce scénario à une tentative occidentale de recoloniser le Soudan.