Le travail humanitaire au Darfour plus compliqué que jamais, estime l'ONU

Associated Press

Associated Press, 26 Septembre 2006

L'accès des organisations humanitaires aux populations du Darfour se détériore, alors même que 50.000 personnes ont été déplacées ce mois-ci lors d'une offensive des forces gouvernementales, a déclaré le coordinateur des affaires humanitaires des Nations Unies au Soudan.

Selon Manuel Aranda Da Silva, la situation au Darfour n'a pas été aussi préoccupante en termes d'accès depuis le début du conflit en août 2003. Plus de 200.000 personnes ont été tuées et 2,5 millions de personnes ont été déplacées dans cette région occidentale du Soudan.

"Il y a eu de nouvelles, énormes difficultés et les groupes humanitaires ont dû se retirer de grands secteurs", a-t-il déclaré lors d'un entretien avec l'Associated Press (AP) à Khartoum lundi.

L'ONU estime que 100.000 personnes ont dû fuir les violences depuis le mois de mai. La moitié d'entre eux ont été déplacées dans le sillage d'une offensive majeure lancée en septembre contre les factions rebelles dans le nord de la province du Darfour, selon M. Da Silva.

Dans le nord du Darfour, les organisations humanitaires sont incapables de venir en aide à quelque 350.000 personnes qui ont besoin de médicaments ou de nourriture.

Selon l'ONU, des centaines de troupes gouvernementales et de rebelles ont été tués dans les combats. M. Da Silva craint également que des bombardements aériens contre des villages investis par les rebelles ne fassent davantage de victimes parmi les civils.

La situation est également de plus en plus dangereuse pour les travailleurs humanitaires, estime le coordinateur de l'ONU. Dans l'ensemble du Darfour, les pillages et les violences entre tribus pro- et antigouvernementales sont en hausse. Ces trois derniers mois, 11 travailleurs humanitaires soudanais ont été tués et plus de 25 véhicules volés sous la menace d'armes à feu, selon M. Da Silva.

M. Da Silva a cependant précisé ne pas envisager un départ des organisations humanitaires. Cette possibilité ne serait à l'ordre du jour que si le gouvernement les ordonnait de partir, ou si les violences rendaient tout effort humanitaire inutile.