L'Onu va enfin examiner les massacres du Darfour

Claire Dana Picard

Arouts7, 13 Décembre 2006

La question du Darfour va enfin être débattue au sein du conseil des droits de l’homme de l’Onu, après des années de silence sur les massacres perpétrés dans cette province du Soudan.

Le site Ynet, qui évoque la question, précise que ce conseil, créé en mars 2006, n’a consacré jusqu’à présent ses travaux qu’au problème des Palestiniens pour dénoncer la façon dont ils sont traités par les Israéliens.

Cette partialité a même été relevée par le secrétaire général sortant de l’Onu Kofi Annan qui cherche peut-être à quitter dignement ses fonctions en dénonçant une injustice flagrante.

Alors que les violations des droits de l’homme se multiplient sur la planète, les membres du conseil avaient jugé plus utile jusqu’à présent de condamner à huit reprises un seul pays, qui n’est autre qu’Israël, lui reprochant "l’occupation et les traitements réservés aux Palestiniens".

Cette position scandaleuse a donc, comme nous l’avons dit, suscité l’indignation du secrétaire général sortant des Nations unies qui les a tancés et a exigé qu’ils se penchent sur d’autres questions. Et lundi, après des efforts déployés pendant six mois, le conseil s’est enfin réuni pour un premier débat sur les violations des droits de l’homme au Darfour, en Afrique.

Dans un message adressé au conseil réuni à Genève, Annan a appelé les représentants des 47 pays siégeant dans ce forum à envoyer d’urgence des observateurs indépendants dans cette partie du globe. Il a ajouté : "Nous devons agir rapidement afin d’empêcher de nouvelles violations et pour juger les responsables des crimes contre l’humanité commis dans cette région".

Kofi Annan a encore déclaré : "Les habitants du Darfour ne peuvent pas attendre un seul jour de plus. Il faut absolument mettre un terme à cette violence, cette tuerie et cette violation flagrante des droits de l’homme".

Louise Arbour, Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, a également réclamé un examen sérieux des massacres du Darfour. Elle a souligné qu’il existait des témoignages précis sur les agissements du gouvernement de Khartoum.

La communauté internationale accuse les autorités soudanaises d’avoir envoyé des milices arabes contre les rebelles africains qui se sont révoltés en 2003 contre la discrimination. D’après les évaluations faites sur ces tragiques événements, plus de 200 000 personnes ont été tuées dans les affrontements et dans les bombardements de l’armée soudanaise.

En outre, plus de deux millions et demi de réfugiés ont fui les zones de combat et ont été installés dans des camps où ils souffrent de la faim, de persécutions et de maladies.