Darfour: session du Conseil des droits de l'homme

Redaction

France 2, 12 Décembre 2006

Deux projets de résolution vont être évoqué, l'un émanant de l'Union européenne, l'autre du groupe africain.

Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a appelé le Conseil à "ne pas perdre de temps pour envoyer une équipe d'experts indépendants et universellement respectés pour enquêter sur l'escalade en matière de violations des droits de l'homme".



"Il est urgent d'entreprendre une action pour prévenir d'autres violations des droits de l'homme, y compris en demandant des comptes aux responsables des nombreux crimes déjà commis", a-t-il dit dans un message au Conseil par visio-conférence à l'ouverture de la session extraordinaire.

La Haut-Commissaire aux droits de l'homme Louise Arbour a ensuite dressé un véritable réquisitoire contre les violations commises au Darfour par les forces gouvernementales soudanaises et leurs milices supplétives, tout en reconnaissant que les rebelles et des bandes de brigands commettent également des atrocités.

Pour l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch, cette session extraordinaire sera une "farce" si c'est la résolution présentée par l'Algérie au nom du groupe africain qui l'emporte.

Le projet du groupe africain propose d'envoyer au Darfour, à l'invitation du gouvernement soudanais, une mission de membres du Conseil des droits de l'homme (désignés par les gouvernements des Etats membres), sous la conduite de son président.

L'Union européenne, soutenue notamment par les Etats-Unis qui ne font pas partie du conseil, veut quant à elle des garanties que les violations des droits de l'homme et les atrocités commises au Darfour ne jouiront d'aucune impunité. Le texte demande à cet effet une "mission d'évaluation qui aurait à sa tête le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme au Soudan".

Ce débat sur un conflit qui a fait 200.000 morts en près de 4 ans a valeur de test pour le Conseil des droits de l'homme, créé il y a six mois pour remplacer la défunte Commission des droits de l'homme, accusée d'adopter deux poids-deux mesures dans ses dénonciations et minée par la fracture nord-sud.