Darfour: situation «alarmante» et «intolérable»

Redaction

20 Minutes.ch, 12 Décembre 2006

Intervenant lors de la session spéciale du Conseil des droits de l'homme, l'ambassadeur Blaise Godet a appelé toutes les parties au respect du droit humanitaire.

Le représentant de la Suisse a salué l'organisation d'une session spéciale du Conseil sur le Darfour, la quatrième depuis l'inauguration du nouvel organe le 19 juin. Les trois autres ont traité de la situation au Proche-Orient.

«Cette session démontre que le Conseil a la capacité d'intervenir lorsque la situation des droits de l'homme l'exige», a affirmé l'ambassadeur Godet, également vice-président du Conseil.

«Le Darfour est le théâtre au quotidien de graves violations des droits de l'homme et du droit humanitaire», a souligné le représentant de la Suisse. «Les civils en sont les principales victimes», a-t-il dit.

Il a mis l'accent sur «les difficultés grandissantes des organisations humanitaires» pour accéder aux victimes et «les attaques délibérées à l'encontre du personnel humanitaire». Il a rappelé la responsabilité du gouvernement de Khartoum de protéger la population et de poursuivre les responsables de crimes.

Personnel qualifié

L'ambassadeur s'est prononcé en faveur de l'envoi d'une mission d'experts indépendants au Darfour, comme le propose le projet de résolution déposé par la Finlande au nom de l'Union européenne.

«La mission devra être en mesure de faire des propositions concrètes afin d'améliorer de manière substantielle la protection des groupes les plus vulnérables», a déclaré Blaise Godet, en insistant sur le suivi de la réunion. Il a indiqué que «la Suisse est prête à mettre à disposition des personnes qualifiées pour cette mission».

Les 47 pays membres du Conseil sont divisés sur la composition de la mission. L'ambassadeur a fait remarquer que la procédure adoptée par le Conseil pour désigner les deux précédentes missions d'enquête au Liban et à Gaza pouvait s'appliquer au Darfour.

Le groupe africain, soutenu notamment par les pays islamiques, a déposé un projet concurrent du texte de l'UE. Il propose que la mission d'évaluation soit conduite par le président du Conseil et composée de membres du bureau et des coordinateurs des groupes régionaux.

Les ONG et les diplomates occidentaux estiment qu'une mission doit être composée d'experts indépendants et qualifiés, et non de diplomates. L'issue du vote sur les deux textes reste incertaine. Faute d'accord, la session pourrait se poursuivre mercredi, a indiqué un porte-parole de l'ONU.