Wade sur les limites de l’intervention africaine : En cause, la faiblesse des moyens financiers

Redaction

Le Quotidien , 12 Décembre 2006

La solidarité africaine existe toujours et elle se manifeste par la promptitude avec laquelle les chefs d’Etat se portent au secours de leurs homologues pour les aider à venir à bout de leurs difficultés, a soutenu, hier lundi à Grenoble, le chef de l’Etat, maître Abdoulaye Wade.

«Oui, la Solidarité africaine est encore vivante» et «si je prends le grand conflit du Darfour, nous ne l’avons pas laissé entre les mains du Conseil de sécurité. L’Union africaine a envoyé des soldats dont des Sénégalais», a dit le Président Abdoulaye Wade, au cours d’une conférence de presse donnée à l’Université Pierre Mendès-France de Grenoble.

Concernant le conflit du Darfour, il a reconnu que l’intervention des Africains est limitée par la faiblesse de leurs moyens financiers, et que lui et ses collègues n’ont pas «réussi à obtenir du Président du Soudan l’envoi des troupes des Nations-Unies». Toutefois, a-t-il ajouté : «J’ai initié un Comité des Sages pour essayer de convaincre le Président Béchir».

Au plan interne du Darfour, le Président sénégalais a estimé que la crise politique, qui sévit, ne sera résolue sans un recours à l’économie. «Il faudra, a-t-il plaidé, mettre en valeur le Nord du Darfour». Parlant du conflit du Tchad et du Soudan, il a déploré le fait que les régimes de «ces pays sont attaqués par des gens, qui viennent du Soudan» avant de saluer le rôle que joue la France pour mettre fin aux hostilités. «J’ai donné moi aussi mon accord à la France pour l’aider dans son engagement», a-t-il indiqué. En dehors de ces zones, les conflits dits «sérieux» sont en train de s’éteindre, a indiqué le chef de l’Etat, donnant l’exemple de «l’Afrique de l’Ouest où il n’y a presque plus de conflit armé».

S’y ajoute que «dans les Grands-Lacs, des élections ont été organisées», selon Abdoulaye Wade, qui a souligné que son combat est de retrouver la solidarité des première élites africaines en vue de libérer des «ombres» et de se tourner vers le savoir. «Un savoir, qui a pour objectif de redonner au noir sa dignité et, de le libérer par le travail», a indiqué le Président Wade, qui séjourne depuis dimanche à Grenoble, à l’invitation de l’université de ladite ville française.