Une bougie pour le Darfour

Redaction

Amnesty International, 10 Décembre 2006

10 décembre : journée internationale des Droits de l'homme. Cette année c’est le Darfour qui est au centre des actions et des manifestations en Belgique et dans le monde. La guerre civile fait rage dans cette province du Soudan.

Le Darfour est le théâtre depuis février 2003 d'une guerre civile et d'une grave crise humanitaire qui, selon l'ONU, ont fait plus de 200.000 morts et jeté sur les routes plus de 2 millions de personnes. Samedi encore, une attaque a visé un bus transportant 34 personnes à 7 km de Sirba, non loin de la frontière avec le Tchad. 22 personnes ont été tuées et dix blessées. Un chiffre que conteste les autorités de Khartoum.

Il faut dire que depuis des années les Nations Unies tentent de convaincre le gouvernement soudanais d’accepter le déploiement de Casques bleus à la place de la force africaine mal-équipée et sous-financée. Cette force onusienne qui pourrait s'interposer entre les milices arabes à la solde du régime soudanais et les villageois. Elle pourrait aussi permettre enfin l'accès des organisations humanitaires aux camps de réfugiés.

Jusqu’ici les autorités s’y sont refusées. Au Darfour, les massacres, les violences et les viols se poursuivent.

Annan dénonce la passivité de la Communauté internationale :

Vendredi, le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a dénoncé "la passivité honteuse" de la Communauté internationale. Il a également rappelé que l'ONU s'est réservée la possibilité d'intervenir lorsqu'un pays manque à son devoir de protéger ses populations menacées de génocide ou de crimes contre l'humanité. "Comment une communauté internationale qui prétend défendre les droits de l'homme peut-elle permettre qu'une telle horreur continue ?" s'est-il interrogé.

Une bougie pour le Darfour :

Selon Amnesty qui suggère cette année encore d'allumer des bougies en guise de solidarité, il y a trop d’intérêts économiques en jeu dans cette région du monde. Pour le directeur d'Amnesty International Belgique "la communauté internationale semble extrêmement divisée et démunie par rapport à ce qui s'y passe, non pas qu'elle manque d'outils pour réagir mais il n'y a pas la volonté politique commune d'agir et donc, on voit que les Nations Unies sont obligées de quitter le Darfour parce qu'ils ont peur pour leur personnel (…) on assiste, comme ça, quasiment en direct à des massacres, à des viols en série sans pouvoir véritablement réagir, ou en tout cas sans que la communauté internationale ne se donne les moyens de réagir "