Escalade de violence

Redaction

Radio Canada, 10 Décembre 2006

La paix ne semble pas pour demain au Darfour où une nouvelle attaque contre un autobus a entraîné la mort d'une vingtaine de civils, près de Sirba dans l'ouest de la province soudanaise, non loin de la frontière avec le Tchad.

Le bilan de ce drame diffère d'une source à une autre. Les autorités soudanaises parlent de 15 morts et 14 blessés, tandis que l'ONU établit le bilan à plus de 20 morts et 10 blessés.

La Force africaine (AMIS) a lancé une enquête pour identifier les auteurs de l'attaque. En attendant, Khartoum accuse les rebelles du Front de salut national d'être engagés dans une escalade militaire, tandis que l'ONU attribue cette attaque aux miliciens progouvernementaux djandjawids.

Une équipe de l'AMIS, envoyée dans l'ouest du Darfour, a été retenue depuis samedi soir par des habitants en colère. Elle a été libérée dimanche après-midi. La population semble exaspérée face à l'impuissance de cette force à prévenir les attaques.

Cette escalade de violence intervient sur fond de tension dans le nord du Darfour, où, selon l'AMIS, deux civils ont été tués samedi par des djandjawids dans la ville d'Al-Fasher. L'incident meurtrier a eu lieu en dépit d'un appel de l'AMIS à toutes les parties en conflit de ne pas entrer dans cette ville principale du Darfour avec des armes, sauf pour les personnes autorisées.

Soumis à une pression internationale pour accepter le déploiement de Casques bleus à la place de la force africaine mal équipée et sous-financée, le gouvernement soudanais continue à minimiser la flambée de la violence.

L'ONU reconnaît son échec

Par ailleurs, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a avoué l'échec de l'ONU à protéger les droits de la personne au Darfour. « Soixante ans après la libération des camps de la mort nazis, 30 ans après le Cambodge, la promesse du "jamais plus" sonne creux », a-t-il admis vendredi dans un discours destiné à marquer la Journée internationale des droits de l'homme.

Kofi Annan, qui quitte son poste le 31 décembre après 10 ans à la tête de l'ONU, a également dénoncé une nouvelle fois le régime de Khartoum. « Ils pourront avoir à répondre collectivement et individuellement pour ce qui est en train de se passer au Darfour », a-t-il déclaré.

Le gouvernement soudanais est accusé d'armer et de financer les milices arabes des djandjawids pour mater la rébellion noire qui inquiète Khartoum dans l'ouest du pays, depuis 2003. Un accord de paix conclu en mai dernier n'a pas réussi à stopper la recrudescence de la violence. Selon l'ONU, plus de 200 000 personnes, essentiellement des civils, ont été tuées depuis trois ans. Plus de 2 millions d'autres ont fui la région pour aller s'entasser dans des camps limitrophes.