Appel au secours

Redaction

Afrique Centrale Info, 07 Décembre 2006

La Centrafrique, appuyée par l’Union Africaine (UA) qui organise jeudi une réunion de son Conseil de paix et sécurité sur ce pays, demande l’aide de la communauté internationale notamment pour reconstruire son armée.

Le Premier ministre centrafricain, Elie Doté (photo) a déclaré mercredi soir au cours d’une conférence de presse à Addis Abeba où il doit participer à la réunion du CPS, que son "pays attend beaucoup de la communauté internationale".

"Nous allons demandé au CPS la poursuite des efforts entamés, notamment par l’UA, et des engagement pris avec les partenaires comme l’Union européenne et l’Onu", a-t-il expliqué.

"Nous sommes venus ici pour exprimer nos besoins et dire ce qu’on attend de la communauté internationale: d’abord le déploiement d’une force onusienne à nos frontières, ensuite le soutien à nos forces armées pour que nous puissions maintenir la paix et la sécurité", a-t-il dit.

Concernant le déploiement de casques bleus, il a assuré que "les discussions sont en cours avec l’ONU et nous espérons que l’UA, qui nous a toujours aidés, va appuyer notre demande pour que le déploiement se fasse au plus vite".


Selon lui, les Forces armées centrafricaines (Faca) ont besoin "d’un renforcement de capacités logistiques, de matériels, mais aussi de casernement. En faisant cela, la communauté internationale nous aiderait".

Le Premier ministre centrafricain a également remercié la France et les pays africains qui ont aidé son gouvernement à repousser les attaques des rebelles dans le nord-est du pays, assurant que la situation était désormais "sous contrôle" en Centrafrique.

"L’agression extérieure a été repoussée grâce à l’appui de nos amis, la France bien sûr, mais aussi la Fomuc (Force de paix d’Afrique centrale) qui nous ont énormément aidés et ont soutenu les Forces armées centrafricaines (Faca)", a-t-il déclaré.

La Centrafrique est confrontée depuis plusieurs semaines à des attaques de rebelles qui avaient pris le contrôle de plusieurs localités du nord-est du pays, reconquises depuis le 27 novembre par les Faca, appuyées par la Fomuc et l’armée et l’aviation françaises.

Un responsable du CPS de l’UA a indiqué mercredi que "les bailleurs de fonds et les partenaires ont été invités à la réunion de jeudi. Il faut débloquer de l’aide, parce que le fond du problème est là: crise sociale, problèmes d’infrastructures, il faut aider la Centrafrique à se reconstruire".

Reste que la tension entre Bangui et Khartoum demeure vive, le régime du président François Bozizé accusant le Soudan de soutenir les rebelles, des accusations renouvelées mercredi par M. Doté qui a toutefois assuré qu’il "n’y aura pas d’agression de notre part en retour".

"Quand nous parlons d’agression, il est clair pour nous que les rebelles sont armés et soutenus par l’extérieur, que tout se fait à partir du Soudan. Nos frères soudanais nous disent qu’ils n’y sont pour rien, mais nous savons que tout est parti du Soudan", a-t-il martelé.

Le président Bozizé devait se rendre lundi à Khartoum, mais son voyage a été annulé sans explication. M. Doté a souligné que "cela ne signifie pas la fin du dialogue avec le Soudan.

Depuis la fermeture des frontières, nous avons lancé des discussions et le déplacement du président se fera".

"Comme le Tchad, nous sommes victimes des actions menées au Darfour qui débordent sur nous. C’est important que la communauté internationale prenne cela en compte", a conclu Elie Doté.

L’Est de la République centrafricaine est limitrophe de la région du Darfour, dans l’ouest du Soudan, théâtre d’une guerre civile meurtrière, qui déborde aussi sur le Tchad, selon les organisations internationales.