Comprendre la crise du Darfour

Redaction

Bbc Afrique, 09 Décembre 2006

Le conflit du Darfour, dans l'Ouest du Soudan, a débuté en 2003, après que des groupes rebelles eurent attaqué des objectifs gouvernementaux, se plaignant de discriminations à l'encontre des populations noires.
Une certaine tension avait déjà prévalu pendant plusieurs années dans le Darfour, liée notamment à des conflits fonciers entre nomades arabes et fermiers appartenant aux tribus Four, Massalit, et Zagawa.

BBCAfrique.com se penche dans cet article sur les conséquences de ce conflit sur les pays voisins du Soudan, notamment le Tchad et la République centrafricaine.

Les Djandjawids et les rebelles tchadiens

Le Tchad accuse les milices arabes djandjawid, soutenues par le gouvernement soudanais, d'attaquer des villageois installés sur son territoire.

N'djamena affirme que ces miliciens s'en sont également pris aux quelque 200 000 réfugiés venus dans l'Est du Tchad, pour fuir les violences dans le Darfour.

Le gouvernement tchadien accuse aussi Khartoum de soutenir l'UFDD - l'Union des Forces pour la Démocratie et le Développement -, une coalition de petits groupes armés et de déserteurs qui ont lancé des attaques transfrontalières, à partir du Darfour.

Ces attaques ont suscité des tensions inter-communautaires dans l'Est du Tchad, dont la composition ethnique est similaire à celle du Darfour.

Les rebelles du Darfour

Le Soudan accuse le Tchad de soutenir les rebelles du Front National de Rédemption du Darfour, auteurs eux aussi d'attaques transfrontalières visant le territoire soudanais.

Selon certaines informations, ils auraient également été intégrés à l'armée tchadienne - une accusation démentie par le régime tchadien.

Certains rebelles du Darfour appartiennent à l'ethnie zagawa - celle du président tchadien, Idriss Déby.

Le Tchad s'est également dit favorable au déploiement de troupes de maintien de la paix des Nations unies à la frontière avec le Soudan, une porposition rejetée par Khartoum.

Les rebelles centrafricains

La République centrafricaine accuse le Soudan de soutenir les rebelles de l'UFDR -l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement, qui se sont récemment emparés de plusieurs villes centrafricaines.

Le gouvernement de Bangui affirme que l'UFDR opère à partir du Darfour, avec le soutien des autorités soudanaises.

Les forces françaises ont pris fait et cause pour l'armée régulière centrafricaine, à laquelle elles apportent un soutien logistique.

Renforts tchadiens

Le Tchad assure qu'il enverra des soldats en République centrafricaine, pour combattre les rebelles qui opèrent dans le Nord du pays.

N'djamena accuse Khartoum de chercher à déstabiliser à la fois le Soudan et la République centrafricaine, et propose la constitution d'une alliance contre le Soudan.

Près de 50 000 réfugiés sont arrivés au Tchad au cours de ces dernières semaines, fuyant les combats en République centrafricaine.