SOUDAN: L'Union Africaine proroge le mandat des forces de maintien de la paix au Darfour

Redaction

Irin, 04 Décembre 2006

L’Union Africaine (UA) a prolongé de six mois le mandat de sa force de maintien de la paix au Darfour, après le refus du Soudan d’accepter des Casques bleus des Nations Unies (ONU) sur son territoire pour mettre fin au conflit sanglant qui sévit dans la région ouest du pays.

Le Conseil de paix et de sécurité s’était réuni jeudi dernier à Abuja, la capitale nigériane, pour examiner la proposition des Nations Unies d’envoyer quelque 20 000 Casques bleus remplacer les 7 000 hommes du contingent de l’UA présents au Darfour et dont le mandat expire le 31 décembre.

Le Soudan a catégoriquement rejeté tout déploiement de Casques bleus aux côtés des forces africaines, mais a fait savoir qu’il était prêt à recevoir de l’ONU toute autre forme d’assistance, qu’elle soit technique, logistique ou financière, a déclaré Saïd Djinnit, Commissaire chargé des questions de Paix et de Sécurité à l’UA. En conséquence, le Conseil de Paix et de Sécurité a décidé de prolonger de six mois le mandat des troupes africaines.

« La mission doit être composée essentiellement de troupes africaines, mais elle pourrait intégrer une assistance des Nations Unies », a indiqué M. Djinnit.

Les représentants des quinze pays africains membres du Conseil étaient présents à la réunion, dont les chefs d’Etat Olusegun Obasanjo du Nigeria, qui présidait la réunion, Thabo Mbeki d’Afrique du Sud, Aziz Bouteflika d’Algérie, John Kufuor du Ghana et Abdoulaye Wade du Sénégal. Le Président Omar el-Béchir du Soudan et les représentants des Nations Unies ont également pris part à la réunion d’Abuja.

La mission africaine de maintien de la paix adoptera une structure de commandement calquée sur celles des forces des Nations Unies. Elle aura un représentant spécial et le commandant de la mission sera nommé par l’UA en concertation avec l’ONU. Conformément à la demande des autorités soudanaises, l’effectif de la force sera déterminée après l’évaluation des besoins sur le terrain, a ajouté M. Djinnit.

Au cours de la conférence de presse organisée au Soudan avant son départ pour Abuja, le président soudanais avait rappelé la ferme décision de son pays de n’accepter aucune présence de Casques bleus dans la région du Darfour.

« Nous voulons une force africaine. Nous pouvons accepter une assistance technique, logistique et financière (de l’ONU), mais pas de Casques bleus de l’ONU », avait-il indiqué.

Selon l’ONU, le conflit du Darfour, qui oppose depuis près de trois ans des groupes rebelles aux forces gouvernementales soudanaises, a fait au moins 200 000 morts et plus de 2,5 millions de déplacés, dont certains ont trouvé refuge au Tchad, le pays voisin. Mais ce conflit a également des prolongements sur le territoire tchadien où des mouvements rebelles tentent de renverser le gouvernement du Président Idriss Deby.

Et malgré l’accord de paix de mai 2006, signé à Abuja entre le gouvernement de Khartoum et la principale faction du groupe rebelle de l’Armée de libération du Soudan, la région du Darfour est toujours en proie à la violence.
Les 7 000 hommes des forces de maintien de la paix déployées au Darfour se sont révélés jusqu’ici incapables d’assurer la sécurité des populations civiles et des travailleurs humanitaires qui tentent d’assister des milliers de personnes vulnérables, ont indiqué les agences humanitaires.

Les populations noires africaines de la région soudanaise du Darfour (ouest) se sont rebellées en 2003 contre le gouvernement du Président Béchir, pour dénoncer l’oppression dont elles seraient victimes depuis plusieurs décennies. Et pour combattre cette rébellion, Khartoum a fait appel à l’armée et à une milice arabe, les Janjawid, accusée d’exactions contre les populations civiles sans défense du Darfour.