Annan sermonne le Conseil des droits de l'homme sur le Darfour

Redaction

Le Patriote, 01 Décembre 2006

Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a averti mercredi le Conseil des droits de l'homme que sa crédibilité était en jeu, six mois seulement après sa création, et lui a demandé d'organiser d'urgence une session spéciale sur le Darfour pour faire taire ses détracteurs.
Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a succédé en juin à la Commission, un organe discrédité par ses manoeuvres de couloirs, accusé d'adopter deux poids-deux mesures dans ses dénonciations des violations des droits de l'homme. "Ce n'est qu'en vous montrant rigoureux et courageux que vous pourrez éviter de décevoir les nombreuses personnes partout dans le monde qui se tournent vers les Nations unies pour y trouver un soutien dans leur lutte pour les droits de l'homme", a averti M. Annan dans un discours adressé mercredi au Conseil, réuni à Genève pour sa 3ème session ordinaire. "Il n'est pas trop tard" pour démentir les "critiques" et les "jugements prématurés" de ceux qui pensent que certains pays coupables de violations des droits de l'homme pourront désormais échapper à l'opprobre internationale, a assuré le secrétaire général dans son message, lu par Mme Louise Harbour, Haut commissaire aux droits de l'homme. Le Conseil doit notamment éviter de retomber comme la défunte Commission dans "la fracture entre le nord et le sud, entre les pays développés et les pays en voie de développement", a mis en garde M. Annan. Et il ferait taire certains de ses détracteurs en tenant une session extraordinaire sur le Darfour, un cas qui "saute aux yeux", a-t-il insisté.
Province de l'ouest du Soudan, le Darfour est le théâtre d'une guerre civile et d'une grave crise humanitaire depuis février 2003. Selon l'ONU, le conflit a fait plus de 200.000 morts et 2 millions de déplacés.
Mardi, le Conseil a adopté, par 25 voix contre 11 et 10 abstentions, une résolution du groupe africain sur le Darfour qui évite de mentionner le rôle du gouvernement soudanais dans ce conflit. Auparavant, il avait rejeté des amendements de l'Union européenne soulignant "l'obligation fondamentale" du gouvernement soudanais "de protéger toutes les personnes contre les violations (des droits de l'homme)". Depuis sa création en juin dernier, le Conseil des droits de l'homme a tenu trois sessions spéciales, toutes consacrées au conflit israélo-arabe. Cette question ne doit pas "monopoliser l'attention au détriment d'autres sujets qui constituent des violations aussi graves, voire plus graves" des droits de l'homme, selon le secrétaire général.
`"Le Conseil des droits de l'homme doit préserver et renforcer le système des procédures spéciales --ce joyau de la couronne-- tout en développant également une solide revue périodique universelle" pour débusquer les violations des droits de l'homme dans tous les Etats membres, a encore estimé M. Annan.