Le Darfour dans la saison de l'impasse

Rédaction

Ouest-france, 19 Juillet 2004

Addis Abeba, en Éthiopie, les espoirs de réunir les mouvements rebelles et le gouvernement soudanais à la même table de négociations se sont envolés, hier, au moment où les rebelles quittaient la ville. Malgré la levée par Khartoum de l'interdiction d'accès aux camps pour les organisations humanitaires, la situation sanitaire est de plus en plus inquiétante avec l'arrivée des pluies...
Les deux groupes rebelles du Darfour, invités à participer à des négociations de paix avec le pouvoir soudanais, ont quitté la capitale éthiopienne en claquant la porte : aucune avancée n'a donc résulté de ces pourparlers qui n'en ont finalement pas été.

Le Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE) et le Mouvement/Armée de libération du Soudan (MLS) ont quitté Addis Abeba car le gouvernement soudanais n'a pas répondu à certaines de leurs exigences préalables comme la démilitarisation du Darfour et la traduction des criminels de guerre devant la justice. Du coup les deux parties ne se sont rencontrées qu'une fois, jeudi, le jour de l'ouverture des négociations. Une rencontre à haut risque et émaillée de vifs échanges verbaux. La réunion fut stérile...

Avant le début de ces négociations organisées par l'Union africaine et l'Onu pour tenter de mettre fin à cette situation de guérilla, les exigences des rebelles avaient été nombreuses : départ des troupes gouvernementales, action accrue de Khartoum face à la crise humanitaire, respect du cessez-le-feu, ouverture d'enquêtes sur les crimes... Au-delà de ces exigences, la rancoeur des rebelles est vive à l'égard d'un gouvernement qu'ils accusent de « nettoyage ethnique ». Les autorités de Khartoum utilisent des milices, les Janjawids, qui auraient commis des atrocités sur les populations civiles

Au même moment, les signaux en provenance du Darfour sont alarmants. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) parle « d'une catastrophe sanitaire majeure », le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) s'inquiète et évoque une « crise sérieuse ». Depuis le soulèvement des rebelles en février 2003, 10 000 personnes sont déjà mortes au Darfour. Mais ces affrontements ont aussi provoqué le déplacement de plus d'1,2 million de Soudanais, aujourd'hui réfugiés dans des camps à l'hygiène précaire. Vendredi, les premières pluies de la saison tombaient sur les camps du Darfour rendant le travail des ONG encore plus difficile.