Villepin en Afrique pour évoquer le Darfour et la mondialisation

Redaction

L'opinion, 02 Décembre 2006

Dominique de Villepin entame aujourd’hui un voyage de trois jours en Afrique, à trois mois du dernier sommet France-Afrique du quinquennat de Jacques Chirac, pour discuter notamment de la crise régionale liée au Darfour et des enjeux de la mondialisation pour ce continent.
Le Premier ministre se rendra successivement au Tchad, en Afrique du sud et au Congo, accompagné de sa ministre de la Coopération Brigitte Girardin. Il marquera jeudi le soutien de la France au régime affaibli du président tchadien Idriss Deby, qui fait face à plusieurs rébellions. Il déjeunera à N’Djamena avec le chef de l’Etat avant un point-presse conjoint, puis une visite aux troupes françaises stationnées dans la capitale tchadienne. « Notre rôle au Tchad est en faveur de la stabilité de la région et d’un appui au régime légitime », a assuré l’entourage du Premier ministre. Avec les attaques rebelles du week-end dernier dans l’est du pays la crise a pris un « tour particulièrement aigu », qui n’était pas prévu au moment de la préparation du voyage, mais cette actualité souligne un « vrai besoin » d’une présence française dans la région, selon Matignon. La crise du Darfour devient une question d’autant plus urgente qu’un effet de contamination sur les pays limitrophes s’accentue. Après le voyage du ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy au Soudan la semaine dernière, la France veut marquer une « continuité d’action, de réflexion, de discussion ». En Afrique du sud, M. de Villepin prononcera un discours sur le « nouveau partenariat » nécessaire entre la France, l’Europe et l’Afrique, face à la mondialisation, dans une université de Johannesburg. Il se rendra ensuite à Soweto où lui seront présentés plusieurs projets de coopération, notamment pour rendre l’eau potable. Accompagné du maire de Johannesburg, Amos Masondo, M. de Villepin se recueillera dans le quartier historique de Kliptown, devant un monument marquant la signature en 1955 d’une Charte de la liberté par des militants anti-apartheid, base de la nouvelle Afrique du Sud appartenant à « tous ceux qui y vivent, blancs ou noirs ».

Dans l’après-midi, il rencontrera la communauté française à Pretoria, avant un entretien avec le président Thabo Mbeki, suivi d’un point-presse. Samedi, M. de Villepin fera une brève escale à Brazzaville, pour rencontrer le chef de l’Etat congolais Denis Sassou Nguesso, président en exercice de l’Union africaine (UA), avec lequel il évoquera notamment le Darfour et la situation en Côte d’Ivoire. Ce voyage, initialement calé pour juillet dernier, avait dû être retardé en raison de la crise au Liban, selon Matignon. Il doit également permettre de coordonner le grand rassemblement Afrique-France, prévu en février à Paris, dernier du quinquennat de Jacques Chirac. Le Congo est actuellement membre du Conseil de sécurité de l’ONU, et l’Afrique du sud le sera à compter de janvier 2007.