Déplacer les réfugiés pour garantir la sécurité

Redaction

Afrique Centrale Info, 30 Novembre 2006

Le Tchad a estimé mercredi "indispensable" de déplacer dans les prochains mois les camps de réfugiés soudanais de l’est du Tchad vers l’intérieur du pays pour des raisons de "sécurité".

"Par rapport à la sécurité dans l’est du pays, le gouvernement tchadien juge indispensable de déplacer dans les mois qui suivent les camps de réfugiés soudanais installés sur notre sol", a déclaré le ministre tchadien des Affaires étrangères Ahmat Allami, lors d’une communication aux diplomates en poste à N’Djamena, ouverte à la presse.

"Cela pour non seulement sécuriser les réfugiés menacés de famine et d’extermination, mais aussi pour couper court à toutes les allégations selon lesquelles le Tchad encouragerait les rebelles soudanais (du Darfour voisin) à se servir de ces camps comme bases arrière", a-t-il ajouté.

Le Tchad "propose" que les camps soient réinstallés dans les localités de Salal (400 km au nord-est de N’Djamena) et de Koro Toro (150 km plus au nord-est), respectivement situées dans les régions du Kanem et du Borkou-Ennedi-Tibesti (BET).

Plus de 200.000 soudanais du Darfour ont trouvé refuge au Tchad voisin depuis février 2003 et le début de la guerre entre Khartoum, soutenu par des milices arabes s’attaquant aux populations civiles, et plusieurs rébellions que le Soudan accuse N’Djamena de soutenir.

De son côté le régime tchadien accuse le Soudan de soutenir les groupes rebelles qui cherchent depuis plusieurs mois à renverser le président Idriss Deby Itno et ont repris ces derniers jours leurs opérations dans l’est du pays contre l’armée tchadienne.

Les milices arabes pro-Khartoum ont déjà mené plusieurs incursions contre des villages de l’est du Tchad.

Ces incursions et les récentes violences communautaires meurtrières entre populations tchadiennes vivant le long de la frontière avec le Darfour ont déplacé des milliers de Tchadiens vers les camps de réfugiés soudanais, aggravant leur situation déjà difficile et faisant peser une menace sur l’approvisionnement en eau.

Au lendemain d’une offensive rebelle repoussée aux portes de N’Djamena en avril, le président Deby avait menacé d’expulser les réfugiés soudanais si aucune solution n’était trouvée au conflit au Darfour.

Selon des observateurs, le président Deby cherchait alors à faire pression sur la communauté internationale afin qu’elle sécurise la frontière tchado-soudanaise.

"Conformément au droit international et face à la passivité de la communauté internationale, le Tchad se réserve le droit de faire appel aux pays amis et frères pour lui apporter toute la puissance et le soutien nécessaires afin d’assurer sa légitime défense", a également déclaré mercredi Ahmat Allami aux diplomates, sans plus de précision.