Dominique de Villepin suit sa route à N'Djamena

Redaction

Le Figaro, 01 Décembre 2006

Le premier ministre a entamé hier au Tchad une tournée en Afrique.


DANS un coin du salon d'honneur de l'aéroport de N'Djamena, où Dominique de Villepin vient de débarquer, une télévision passe en boucle les images de Nicolas Sarkozy, nouveau candidat à la présidentielle. Le premier ministre jette un oeil rapide sur l'écran. Mais il ne s'attarde pas. Le temps presse pour le chef du gouvernement, qui entame une tournée éclair sur le continent africain.

Loin de Paris et de la campagne qui s'accélère, il veut mettre en avant sa stature d'homme d'État. Pas celle d'un candidat à l'investiture d'un parti. Ce voyage au Tchad (hier), en Afrique du Sud (aujourd'hui), et probablement en République démocratique du Congo (demain), a été taillé sur mesure. Au Tchad, Dominique de Villepin arrive dans un pays en crise, en proie à plusieurs rébellions.


L'état d'urgence a été proclamé le 25 novembre pour six mois et des soldats armés jusqu'aux dents sillonnent la capitale, juchés sur des pick-up. C'est à bord du Hummer noir personnel du président tchadien Idriss Déby que le premier ministre français rejoint le palais présidentiel. Villepin vient convaincre Déby d'accepter le déploiement d'une force d'interposition le long des frontières du Tchad, du Soudan, et de Centre-Afrique pour faire face à la crise du Darfour et son lot de drames (300 000 morts et 300 000 réfugiés). Le déjeuner entre les deux hommes se termine. Le reste de la délégation déjeune dans le hall du palais. Arthur de Villepin, le fils du premier ministre, qui voyage exceptionnellement avec son père, profite de cette pause pour faire connaissance avec le colonel Brahim Déby, fils du président tchadien, arborant fièrement un treillis couleur sable et un foulard de baroudeur.


À la sortie de son entretien, le président Déby se dit « heureux » d'accueillir « l'ami du Tchad et de l'Afrique ». Mais surtout, il valide la proposition de la France. Villepin a le sourire. L'ancien ministre des Affaires étrangères n'est pas mécontent de ce que son entourage qualifie de « succès diplomatique ». « La France est au rendez-vous de l'unité, de la stabilité et de la paix en Afrique », se félicite le premier ministre devant la presse.


«Mon premier métier»


Villepin et l'Afrique, c'est une longue histoire. « Mon premier métier », comme le dit parfois celui qui a fait son service militaire à Djibouti. Il a surtout dirigé, au début des années 1990, la Direction des affaires africaines et malgaches du Quai d'Orsay. Depuis, on le surnomme, à tort ou à raison « Villepin l'Africain ». Les succès n'ont pas toujours été au rendez-vous. En témoigne la gestion chaotique de la crise en Côte d'Ivoire lorsqu'il était ministre des Affaires étrangères. Mais sa connaissance des dirigeants du continent noir demeure incontestable.


Devant les militaires de la base aérienne de N'Djamena, qu'il a visitée hier soir, Villepin a rappelé la « responsabilité historique et géographique de la France » en Afrique. Avant de quitter le Tchad, où il sera resté trois heures, montre en main.