Les dirigeants africains débattent au Nigeria d'un déploiement onusien au Darfour

Ap

Ap, 30 Novembre 2006

Les dirigeants africains sont réunis jeudi à Abuja (Nigeria) pour discuter d'un renforcement, à l'aide de soldats de la paix des Nations unies, de la force de l'Union africaine (UA) déployée au Darfour (Soudan).
Initialement prévue mercredi, la réunion du Conseil de paix et de sécurité de l'UA a été reportée d'une journée en raison, selon le médiateur de l'UA pour le Darfour Sam Ibok, d'une confusion dans les dates qui a entraîné des retards dans l'arrivée des délégations.
Le président soudanais Omar al-Bashir, opposé au déploiement de soldats onusiens sur son sol, est ainsi arrivé mercredi soir à Abuja, selon Sam Ibok. Il devrait s'exprimer lors de la réunion, présidée par le chef d'Etat nigérian Olusegun Obasanjo.
Les participants doivent débattre du déploiement -prévu par une résolution onusienne- de plusieurs milliers de soldats au Darfour dans le cadre d'une force "hybride" ONU-UA composée de 17.000 à 20.000 hommes. La force actuelle comprend environ 7.000 hommes.
Le Soudan est opposé à ce projet, qu'il juge colonialiste, mais Omar al-Bashir a récemment laissé entendre qu'il était prêt à étudier les moyens de laisser les Nations unies assister l'Union africaine au Darfour.
Une décision doit être prise sur "ce qui se passera après le 31 décembre", date de l'expiration du mandat de l'actuelle force, a précisé Sam Ibok.
Mercredi, le secrétaire général adjoint de l'ONU aux Affaires humanitaires, Jan Egeland, a expliqué que les violences au Soudan, au Tchad et en République centrafricaine sont en passe de devenir un seul et même conflit régional de grande ampleur.
Le conflit au Darfour oppose les rebelles des tribus africaines au gouvernement central à majorité arabe depuis 2003. Khartoum est accusé de s'appuyer sur les milices Janjaweed, qui sont mises en cause dans de nombreuses violences. Le conflit a fait quelque 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés.