De Villepin en Afrique pour prôner un «nouveau partenariat»

Emmanuel Georges-picot

Ap, 29 Novembre 2006

Dominique de Villepin entame demain à N'Djamena (Tchad) une tournée de trois jours en Afrique destinée à préparer le sommet France-Afrique de février 2007. Le premier ministre plaidera pour un «nouveau partenariat» entre la France, ancienne puissance coloniale, et le continent noir.
Attendu demain en début d'après-midi à N'Djamena, M. de Villepin arrivera dans un pays menacé de déstabilisation par la guerre du Darfour. Il a maintenu sa visite malgré les derniers développements de la rébellion contre le régime du président Idriss Déby.

«Notre rôle est un rôle en faveur de la stabilité de la région et d'appui au régime légitime», a-t-on déclaré dans l'entourage du premier ministre français. On notait à Matignon que les attaques des forces rebelles avaient été condamnées par l'Union africaine.

Cette escale au Tchad sera cependant très rapide puisque M. de Villepin n'y passera que trois heures, le temps d'un entretien suivi d'un déjeuner avec M. Déby et d'une rencontre avec les troupes françaises présentes sur place. La France, qui a renforcé ces derniers jours le dispositif «Épervier», compte 1200 hommes au Tchad.

La crise au Darfour, qui déstabilise les pays voisins du Soudan, dont le Tchad et la République centrafricaine, sera un des principaux sujets de discussion, selon Matignon. Dominique de Villepin veut faire progresser le projet de force internationale hybride associant l'Union africaine et les Nations unies, discuté le 17 novembre dernier à Addis Abeba. «Il faut aller vite. On ne peut pas perdre de temps», dit-on dans son entourage.

Le premier ministre français décollera ensuite pour Johannesburg (Afrique du Sud), où il passera la journée de vendredi. Il y prononcera un discours à l'université de Witwatersrand sur le thème de «La France, l'Europe et l'Afrique, un nouveau partenariat dans la globalisation», visitera le quartier de Soweto et s'entretiendra avec le président Thabo Mbeki. Il ne pourra en revanche pas rencontrer Nelson Mandela, actuellement au Mozambique.

«Nous devons établir un véritable partenariat de maturité avec ces états», a expliqué aujourd'hui M. de Villepin. Il s'agit pour le premier ministre d'«adapter aux enjeux actuels» la politique africaine de la France, explique-t-on dans son entourage. Le fait que M. de Villepin passe une journée entière en Afrique du Sud, qui représente 40% du PIB (produit intérieur brut) de l'Afrique subsaharienne, symbolise la volonté de la France de sortir du pré-carré de ces anciennes colonies.

L'ancien ministre des Affaires étrangères a précisé que sa visite était destinée à préparer le sommet France-Afrique de février prochain à Paris. Ce sommet sera l'occasion pour Paris de tenter de préserver son influence sur le continent noir, de plus en plus convoité par la Chine, comme l'a montré le sommet sino-africain du 5 novembre.

Le premier ministre français terminera samedi sa tournée africaine par une escale à Brazzaville (Congo). Il se recueillera devant le monument dédié à l'explorateur Pierre Savorgnan de Brazza, fondateur de la capitale congolaise, et s'entretiendra avec le président congolais Denis Sassou Nguesso.

Les crises régionales et notamment la Côte d'Ivoire seront au centre de cet entretien avec le président en exercice de l'Union africaine.

Par cette tournée africaine annoncée il y a seulement dix jours, Dominique de Villepin, ancien ministre des Affaires étrangères, prendra de la hauteur alors que Nicolas Sarkozy sera en train de se lancer dans la course à l'élection présidentielle de 2007.

Le premier ministre français a toutefois affirmé aujourd'hui que ce voyage, son premier dans la région depuis sa nomination le 31 mai 2005, était «prévu depuis de longs mois» et avait été reporté en raison de la guerre au Liban en juillet dernier.