Une résolution canado-européenne sur le Darfour est rejetée

Ap

Canoe, 28 Novembre 2006

Le Conseil de l'ONU des droits de l'Homme a rejeté, mardi, une résolution présentée conjointement par le Canada et l'Union européenne qui exigeait du gouvernement soudanais qu'il traduise en justice les responsables des meurtres, viols et autres violences commises au Darfour.
Vingt-deux membres du Conseil ont voté contre la résolution, tandis que 20 votaient pour. Le vote a été tenu après des mois de négociations entre l'Union européenne et les pays africains membres du Conseil au sujet de l'approche à adopter face au Darfour, que l'ONU qualifie de pire catastrophe humanitaire de la planète.

Après avoir rejeté la résolution canado-européenne, le Conseil a approuvé -à 25 voix contre 11, avec 10 abstentions- celle déposée par les pays africains. Cette résolution demande à tous les participants au conflit «de mettre fin immédiatement aux violations continues des droits de l'Homme et de la loi internationale humanitaire, avec une emphase particulière sur les groupes les plus vulnérables, y compris les femmes et les enfants, sans nuire au retour chez elles de toutes les personnes déplacées à l'intérieur du territoire».

La résolution africaine n'attribue par contre aucun blâme au régime du président soudanais Omar al-Bashir, qui contrôlerait certaines milices responsables des pires atrocités. Elle le félicite aussi pour la coopération offerte à l'enquêteur dépêché par l'ONU au Soudan.

Le Ghana est le seul pays africain à avoir voté en faveur de la résolution canado-européenne, tandis que deux autres -la Zambie et l'île Maurice- s'abstenaient.

«Certains gouvernement africains ont une conscience», a déclaré Mariette Grange, de l'organisation humanitaire Human Rights Watch. Les autres pays africains «devraient être solidaires des victimes, pas des abuseurs», a-t-elle ajouté.

Malgré sa défaite, l'ambassadeur canadien Paul Meyer s'est réjoui de voir le Conseil finalement s'intéresser à la crise au Darfour, six mois après sa création.

Plus de 200 000 personnes ont été tuées au Darfour et deux millions déplacées depuis le début du conflit en février 2003.