Union africaine : s’unir pour la protection du Darfour

Redaction

Human Rights Watch, 27 Novembre 2006

Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine devrait soutenir unanimement une force de protection internationale solide ayant les moyens de protéger les civils au Darfour et le long de la frontière Soudan-Tchad, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans une lettre adressée aux membres du Conseil avant qu’ils se réunissent mercredi dans la capitale nigériane de Abuja pour discuter du Darfour.

« Le slogan de l’Union africaine est « l’Afrique doit s’unir » et c’est exactement ce que doivent faire les membres de l’UA quand ils vont se réunir pour parler du Darfour » a déclaré Peter Takirambudde, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch. « Le Darfour est un test décisif pour le Conseil de paix et de sécurité de l’UA, et ses membres devraient s’unir derrière le peuple du Darfour et de la région est du Tchad plutôt qu’avec des gouvernements coupables d’exactions. »

Le Conseil de paix et de sécurité de l’UA se réunira pour discuter de la situation actuelle au Darfour et de la réaction du gouvernement soudanais à la force hybride UA-ONU proposée. Le Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a proposé une force hybride à trois niveaux lors de la réunion du 16 novembre dernier à Addis Abeba. La proposition comporte apparemment l’envoi de 10 000 soldats supplémentaires sous commandement de l’ONU, disposant de l’expertise technique de l’ONU, pour soutenir les 7000 soldats de l’Union africaine qui combattent actuellement au Darfour.

Le gouvernement soudanais s’est constamment opposé au déploiement d’une force de l’ONU au Darfour, bien que le Conseil de sécurité de l’ONU ait approuvé une telle force au mois d’août dans sa résolution 1706. Cette résolution reste néanmoins soumise au consentement soudanais. Le Soudan aurait émis des objections à propos de l’augmentation des effectifs et du transfert de commandement à l’ONU contenus dans la dernière proposition hybride.

« Si les Africains veulent réellement protéger les populations du Darfour, ils doivent arrêter d’accepter les excuses et les dénégations de Khartoum, » a ajouté Peter Takirambudde. « L’UA devrait aussi garantir que, quelle que soit la force internationale au Darfour, celle-ci dispose du mandat et des moyens de protéger efficacement les civils et qu’elle ne représente pas seulement le plus petit dénominateur commun. »

Le Conseil de paix et de sécurité de l’UA est composé de 15 membres. Il comprend actuellement l’Algérie, le Botswana, le Burkina Faso, le Cameroun, le Congo-Brazzaville, l’Egypte, l’Ethiopie, le Gabon, le Ghana, le Malawi, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, l’Afrique du Sud et l’Ouganda.