Darfour: le président soudanais met en doute les données de l'ONU sur les victimes de la guerre

Redaction

Ria Novosti, 28 Novembre 2006

La guerre civile qui se poursuit dans la province soudanaise du Darfour depuis 2003 a fait moins de 9.000 morts et non pas 200.000 comme l'estime l'ONU, ont annoncé lundi les médias arabes, citant une déclaration faite par le président soudanais Omar el-Béchir lors d'une visioconférence à Khartoum.

"Le chiffre de 200.000 est tiré par les cheveux. En réalité, le nombre de morts ne dépasse pas 9.000", a déclaré le président.

"Tous les chiffres sont altérés et même le taux de mortalité infantile au Darfour n'est pas supérieur à celui de la capitale du pays, Khartoum", a-t-il ajouté.

Le leader soudanais a d'autre part accusé les médias occidentaux d'attiser délibérément la situation autour du Darfour et de fausser les faits et les chiffres concernant le nombre de victimes parmi la population civile pour étayer indirectement l'idée d'une intervention occidentale au Soudan.

Les rumeurs sur une aggravation de la situation en matière de sécurité au Darfour depuis ces derniers mois sont fausses elles aussi, d'après Omar el-Béchir.

"Des problèmes de sécurité n'existent en réalité que dans cinq des 23 préfectures des trois Etats du Darfour, dans celles qui se trouvent à la frontière du Tchad", a souligné le président.

L'ONU insiste sur un déploiement immédiat de casques bleus dans l'ouest du Soudan et avance comme principal argument à l'appui d'une ingérence internationale dans la situation au Darfour le fait que, d'après ses données, depuis 2003 les hostilités dans la province insurgée ont fait 200.000 à 300.000 morts et 2,6 millions de réfugiés.

L'ONU affirme que seule une force internationale est en état de protéger la population civile de l'ouest du Soudan d'une extermination totale et d'assurer la sécurité et la stabilité dans cette région.

Les autorités soudanaises s'opposent avec énergie à la réalisation des plans de l'ONU. Khartoum souligne que la situation dans l'ouest du pays est loin d'être critique et que les autorités soudanaises sont en mesure de dénouer la crise intérieure par leurs propres moyens, avec le soutien d'une force de paix de l'Union africaine.