Sudan: Les premiers pas vers une force hybride au Darfour

Pierre Emangongo

All Africa, 28 Novembre 2006

L'Union africaine et l'Onu ont arrêté des modalités pour le déploiement en première phase d'une force commune de maintien de la paix au Darfour. La deuxième phase consistera à un soutien renforcé tandis que la troisième et la dernière phase va procéder la fusion pure et simple de deux forces.

L'Union africaine (UA) et l'Onu sont convenus sur les termes d'une première phase pour une force commune de maintien de la paix au Darfour (ouest du Soudan), dite « force hybride » ont, selon L'Orient-Le jour, annoncé dimanche dernier des responsables africains à Addis-Abeba.

Devant le refus du gouvernement soudanais du remplacement pur et simple de la Mission de l'UA au Soudan (AMIS) par des Casques bleus, les deux organisations ont initialisé samedi un mémorandum d'accord pour un début de transformation graduelle de la mission africaine engagée dans la province du Darfour, ont précisé les responsables dans un communiqué. Le communiqué de l'UA précise que «cet accord permettra un soutien de l'Onu plus transparent, systématique et efficace, à l'AMIS ». La fusion de deux forces permettra de déployer au Darfour quelque 17 000 Casques bleus et 3 000 policiers.

Selon cet accord, cette première phase, appelée «Light Support Package» (LSP, Soutien léger), consistera à apporter une aide onusienne aux patrouilles de l'AMIS en termes de logistique et de communication.

Le mémorandum a été signé par le commissaire à la paix et au Conseil de sécurité de l'UA, Saïd Djinnit, et le chef de la mission de l'Onu au Soudan (Unimis), Taye-Brook Zerihoun. Le LSP, qui a été accepté par le gouvernement soudanais, est la première d'une opération en trois phases destinée, en principe, à transformer l'AMIS en mission hybride Onu-UA.

SOUTIEN RENFORCE

La deuxième phase est, selon afriquecentrale.info, appelée «Heavy Support Package» (HSP, Soutien renforcé). Une éventuelle troisième phase consisterait en une fusion pure et simple, et elle est la plus controversée parce que Khartoum n'a pas encore donné son accord malgré l'annonce du contraire faite le 16 novembre par le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan.

La fusion des deux forces permettrait de déployer au Darfour quelque 17.000 Casques bleus et 3.000 policiers. Le 30 novembre, une réunion doit se tenir à Abuja avec la participation de quelque 15 chefs d'Etat africains pour arrêter une position commune sur l'éventuelle participation onusienne à cette force destinée à prendre le relais de l'AMIS dont le mandat expire fin décembre.

L'ONU et l'UA devront mieux négocier avec le président soudanais El Béchir car les conséquences du conflit du Darfour ont déjà des ramification au Tchad et en République centrafrique. Une façon de souligner que le président El Béchir a actuellement de déstabiliser toute l'Afrique centrale.