La France ménage Khartoum

Redaction

Afrique Centrale Info, 11 Novembre 2006

Le chef de la diplomatie française, Philippe Douste-Blazy, a affirmé que le refus soudanais d’un déploiement d’une force internationale au Darfour devait être "pris en compte", dans un entretien publié samedi par le quotidien gouvernemental égyptien al-Ahram.


Invoquant son droit à la souveraineté, le Soudan rejette catégoriquement le déploiement de Casques bleus au Darfour, région ouest du Soudan en proie depuis 2003 à une guerre civile qui a fait au moins 200.000 morts et quelque 2,5 millions de déplacés.


Le "cadre (fixé par la résolution 1706 adoptée fin août par le Conseil de sécurité) est actuellement contesté par le président (soudanais Omar) el-Béchir. Nous devons en tenir compte", a indiqué le ministre français.


Après avoir mis la pression sur Khartoum pour accepter une force onusienne en remplacement de la force sous-financée et mal équipée de l’Union Africaine (UA) actuellement sur place, la communauté internationale semble désormais en quête d’une "voie alternative".


"La priorité doit aller, dans l’immédiat, à l’augmentation de l’efficacité de la force de l’Union Africaine", a précisé M. Douste-Blazy.


"Toutes les pistes doivent être explorées avec, en permanence, une double exigence, celle du respect de la souveraineté du Soudan (...) mais aussi celle de la responsabilité de protéger les populations civiles qui incombe aux dirigeants soudanais", a-t-il ajouté.


Le porte-parole du département d’Etat américain, Sean McCormack, avait déclaré jeudi que les Etats-Unis discutaient d’une formule de compromis sur la force que l’Onu tente de déployer au Darfour, insistant pour que l’ONU en reste un "élément central" au même titre que l’UA.


Attendu samedi au Caire, M. Douste-Blazy doit se rendre à Khartoum dimanche, puis, le lendemain, au Darfour pour y rencontrer les différents acteurs internationaux (UA, Onu, ONG) et s’enquérir de la situation des déplacés.