La violence au Darfour risque de s'étendre à toute la région

Par Michelle Austein, Rédactrice De L'usinfo

Departement Americain, 27 Novembre 2006

Selon la célèbre actrice et ambassadrice de bonne volonté de l'ONU, Mia Farrow, la violence au Darfour (Soudan) est en train de déborder sur les pays voisins, notamment le Tchad et la République centrafricaine.

« La violence et la dévastation qui définissent désormais le Darfour sont en train de s'étendre au-delà de la frontière. En fait, la frontière est inexistante », a déclaré Mme Farrow lors d'une conférence de presse tenue le 21 novembre à Washington.

Mme Farrow et David Rubenstein, directeur exécutif de la coalition « Save Darfour », étaient rentrés du Tchad la veille. Ils y ont rencontré des patients dans des hôpitaux, des personnes déplacées dans des camps et d'autres rescapés de villages pillés et brûlés. Ils ont enregistré leurs récits sur vidéo afin de les montrer aux États-Unis.

Ceux qui ont fui le Darfour pensaient trouver la sécurité au Tchad, a dit M. Rubenstein. Mais en fait, des cas de tortures, de viols et de destruction de villages ont également été rapportés dans ce pays.

Mme Farrow s'était déjà rendue au Darfour en 2004 et, de nouveau, en juin 2006. Les réfugiés qu'elle a rencontrés au Tchad ont marché pendant des jours pour fuir le Darfour, tout cela pour constater que leurs attaquants les avaient suivis dans l'est du Tchad. « Il n'y a plus de sécurité pour eux, maintenant », a-t-elle affirmé.

Selon elle, la seule solution est le déploiement d'une force de maintien de la paix appuyée par les Nations unies au Darfour, au Tchad et en République centrafricaine. « Ces gens méritent notre protection. »

La coalition « Save Darfour » espère que le plan de maintien de la paix approuvé par les responsables internationaux à Addis-Abéba (Éthiopie), le 16 novembre, marchera. Elle s'inquiète cependant du fait que le gouvernement soudanais n'a pas accepté ce plan dans son intégralité.

La force de maintien de la paix doit être crédible, efficace, et capable de protéger ceux qui ont fui le Darfour, a déclaré un ancien ambassadeur des États-Unis, Lawrence Rossin. Elle doit être suffisamment importante et mobile pour couvrir un vaste territoire. Elle doit également être bien financée, être dotée d'un ferme commandement unifié et se concentrer sur la protection des civils.

M. Rossin a également encouragé les Américains à exprimer leurs inquiétudes au sujet du Darfour et des régions avoisinantes. Les pressions exercées par les citoyens influencent les priorités des responsables politiques, a-t-il affirmé.

Les représentants de la coalition n'ont pas pu obtenir de visa pour le Darfour, un problème auquel se heurte souvent le personnel des agences caritatives et des médias du fait des restrictions imposées par le gouvernement soudanais.

La coalition Save Darfour est une alliance de plus de 175 organisations religieuses, humanitaires et de conseil qui s'attachent à aider le peuple du Darfour.

Des organisations américaines attirent l'attention sur le Darfour

De nombreuses organisations des États-Unis organisent des événements destinés à encourager les Américains à faire ce qu'ils peuvent pour stopper la violence au Darfour. De nombreux groupes organisent des appels de fonds ou des discours pour informer les gens de la crise en cours.

À Washington, le Musée de l'Holocauste attire l'attention sur la crise en projetant, la nuit, des images du Darfour sur l'un des murs extérieurs de son bâtiment du 20 au 26 novembre.

Ces images sont présentées afin d'amener le public à prendre conscience du fait qu'il faut stopper la catastrophe humanitaire au Darfour de toute urgence, a déclaré Fred Zeidman, président du conseil d'administration du Musée de l'Holocauste.

Ces images attirent l'attention des États-Unis et du monde sur la souffrance des populations civiles au Darfour, a affirmé Andrew Natsios, l'émissaire du président au Soudan, le 20 novembre, lors de l'inauguration de cette exposition.

Le Musée souhaite présenter ces images afin que le public saisisse mieux ce qu'est la situation au Darfour, a déclaré Omar Ismaïl, un réfugié du Darfour, le même jour. Ce que ces images ne peuvent toutefois pas montrer, a-t-il ajouté, c'est la vie détruite de ces gens.

On peut également voir ces images sur le site Web du musée de l'Holocauste.