Des rires pour les enfants du Darfour

Daphnée Dion-viens

Le Soleil, 26 Novembre 2006

Le conflit armé qui fait rage au Darfour depuis 2003 a fait plus de 200 000 morts et près de trois millions de déplacés. Pour venir en aide à ces enfants soudanais, des élèves de l’école Alexander-Wolff, à Shannon, se mobilisent pour permettre à Clowns sans frontières d’éclairer leur quotidien de quelques éclats de rire.

Ils étaient tous rassemblés lundi dernier, à l’occasion de la Journée mondiale de l’enfant. Arborant fièrement leur nez de clown rouge pimpant, les 40 élèves de sixième année avaient organisé une grande marche de solidarité pour les enfants du Darfour, une province du Soudan où le conflit qui perdure menace maintenant de déstabiliser toute la région d’Afrique de l’Est.

Au début septembre, ces élèves ont créé un organisme, Circus 36, qui a pour but d’amasser des fonds pour Clowns sans frontières. Depuis 1994, ces amuseurs engagés sillonnent la planète pour apporter un peu de magie aux enfants les plus démunis.

« C’est bien pour eux, ils ont aussi besoin de rire », dit Steven Gagné, élève de sixième année et président de Circus 36.

Tout a été initié par les élèves de A à Z. Vente de nez de clowns et de gourmandises, organisation d’un spectacle-bénéfice à Montréal, création d’un site Internet, relations de presse… « C’est fou, des fois j’ai de la misère à les suivre ! » lance Mélanie Cormier, une des enseignantes qui supervisent le projet. Les élèves ont amassé plus de 1000 $ depuis le début de l’année scolaire.

Le président de Clowns sans frontières – Jacques Thériault, alias M. Jacko – s’émerveille aussi de les voir à l’action. « C’est un projet par les enfants et pour les enfants, c’est ça qui est magique ! »

La vie avec les Forces

La réalité toute particulière des élèves de cette école n’est probablement pas étrangère à cette mobilisation. Située sur la base militaire de Valcartier, l’école Alexander-Wolff compte 75 % de ses élèves qui ont au moins un parent enrôlé dans les Forces armées canadiennes. « Ils se sentent particulièrement touchés par la réalité de la guerre », dit la directrice, Claudie Pelletier. C’est ce qu’indique Andrew White, 12 ans, dont le père est déjà allé en mission en Afghanistan. « Je n’aime pas la guerre, dit-il. C’est violent et j’ai peur pour mon père quand il part en mission. »

Des militaires comme Dany Pineault, père de quatre enfants, ont aussi participé à la marche de lundi dernier. Il avait même amené ses compagnons d’arme. « Si on peut faire quelque chose pour les enfants, il faut le faire. Le rire, c’est thérapeutique, ça peut en guérir plusieurs », croit-il.

Les élèves de Circus 36 ont reçu l’appui de plusieurs, dont celui du sénateur et général à la retraite Roméo Dallaire. Et ils en sont bien fiers !