Le Soudan pour une force UA/ONU dans le Darfour

Redaction

Bbc Afrique, 16 Novembre 2006

Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a annoncé que le Soudan a "accepté" le "principe" d'une opération de paix hybride ONU-Union africaine au Darfour, région de l'ouest du Soudan en guerre civile depuis 2003.

Jusqu'ici, Khartoum s'était opposé à une présence onusienne dans le Darfour. Le plan présenté par Kofi Annan envisage un renforcement de la mission de paix de l'Union Africaine dans le Darfour, et son fusionnement avec une force onusienne.

Une force de paix de l'UA (Amis) est actuellement déployée au Darfour, mais elle est sous-financée et mal équipée.

Force hybride

L'ONU doit prendre le relais de cette force, conformément à la résolution 1706
du Conseil de sécurité de l'ONU votée le 31 août, mais Khartoum s'y est jusqu'à présent catégoriquement opposé.

"Le principe d'une opération hybride est accepté, reste à régler la question de l'effectif de la force. La désignation des responsables de haut niveau de l'opération hybride sera discutée entre les parties", a déclaré le secrétaire général de l'ONU.

Kofi Annan, qui doit quitter son poste de secrétaire général de l'ONU le 31 décembre, avait convoqué à Addis Abeba cette réunion de "haut niveau" sur le Darfour, en collaboration avec le président de la Commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré, présent jeudi dans la capitale éthiopienne.

Y participaient aussi des représentants des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Chine, France, Etats-Unis, Russie, Grande-Bretagne), et du Conseil de paix et de sécurité de l'UA.

Le Soudan avait dépêché son ministre des Affaires étrangères, et la Ligue arabe son secrétaire général, Amr Moussa.

Plus tôt jeudi, le ministre soudanais des Affaires étrangères, Lam Akol, avait rappelé la position de Khartoum, à savoir qu'il "peut accepter que les Nations unies assistent en terme logistique, télécommunications et techniques l'Amis, mais le commandement des troupes doit rester africain".

Instabilité

La guerre au Darfour a éclaté en février 2003 entre des rebelles d'ethnies africaines et l'armée de Khartoum appuyée par les milices arabes djandjawids. Elle a fait environ 200.000 morts et provoqué le déplacement de 2,5 millions de personnes, notamment au Tchad.

Le 5 mai, Khartoum et la faction majoritaire de la rébellion du Mouvement de libération du Soudan ont signé un accord de paix, qui depuis a été violé par les deux camps. L'autre rébellion, le Mouvement pour la justice et l'égalité, a refusé l'accord, de même que la faction minoritaire du SLM dirigée par Abdel Wahid Mohammed Al-Nour.