Kofi Annan regrette que le Conseil des droits de l'homme ne s'intéresse qu'à la question palestinienne

Xinhua

Xinhua, 22 Novembre 2006

Le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a regretté, mardi lors d'une conférence de pressse à Genève, que le nouvel organe de l'ONU ne s'intéresse qu'à la question israélo-palestinienne, espérant qu'il se pencherait sur d'autres questions comme celle du Darfour.

Dans la mesure où "il se concentre sur la question israélo- palestinienne sans même débattre du Darfour, certains se demandent ce que fait ce Conseil et, s'il a un sens de l'équité, pourquoi il ignore certaines situations", a souligné Kofi Annan.

Depuis sa création en mars dernier, le Conseil des droits de l'homme a tenu trois sessions extraordinaires, toutes les trois consacrées à la question israélo-palestinienne. La première, consacrée au Territoire palestinien, a eu lieu le 5 juillet. La seconde s'est tenue le 11 août. Consacrée à la situation au Liban, le Conseil s'était abstenu d'examiner les exactions commises par le Hezbollah, malgré les appels de Louise Arbour, la Haute Commissaire aux droits de l'homme. Lors de sa troisième session qui s'est tenue la semaine dernière, le Conseil a condamné l'attaque israélienne sur le quartier résidentiel de Beit Hanoun.

En revanche, le Conseil des droits de l'homme ne s'est toujours pas penché sur la question du Darfour. Les violations graves des droits de l'homme commises dans cette région du Soudan ont pourtant été dénoncées, à plusieurs reprises, par le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) et par le Secrétaire général.

Dans son dernier rapport sur la question, le HCDH a dénoncé au mois d'octobre de nouveaux massacres "à grande échelle" commis par les milices arabes, soutenues par le gouvernement du Soudan, sur les villages du Darfour, peuplés principalement de tribus africaines.

A plusieurs reprises, Kofi Annan a demandé aux membres du Conseil des droits de l'homme d'examiner les graves violations commises en toute impunité dans cette région du Soudan.

Lors de la conférence de presse de mardi, le Secrétaire général a aussi rappelé qu'il avait espéré que les membres du Conseil des droits de l'homme commencent par examiner leur propre action en matière de droits fondamentaux.

Selon la résolution qui a mis en place le Conseil, chaque membre doit faire l'objet, au cours de son mandat, d'un examen de son action dans le domaine des droits de l'homme. Le texte prévoit que l'Assemblée générale pourra suspendre le droit d'un membre qui aurait commis des violations flagrantes à y siéger.