Darfour : Kiir s'oppose à el-Béchir

Redaction

Afrique Centrale Info, 22 Novembre 2006

Le premier vice-président soudanais Salva Kiir (photo) s'est déclaré mercredi au Caire favorable à l'envoi d'une force internationale de paix au Darfour avec ou sans l'accord de Khartoum, prenant ainsi le contrepied du président Omar el-Béchir.


"Ma position a été toujours été claire (...): des forces internationales doivent venir et sauver des vies", a affirmé M. Kiir après un entretien avec le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmed Aboul Gheit.


Interrogé sur la nécessité d'une accord préalable du gouvernement soudanais, M. Kiir a estimé que "cela ne devrait pas être une condition. Il n'y aura pas de raison si des gens meurent (...) et cela ne doit pas empêcher la communauté internationale de venir pour sauver des vies".


M. Kiir adopte ainsi une position contraire à celle défendue par le président soudanais, opposé au déploiement d'une force de l'ONU au Darfour, région de l'ouest du Soudan ravagée depuis près de quatre ans par une guerre civile.


Selon la résolution 1706 du Conseil de sécurité du 31 août, l'ONU devrait prendre le relais de la force africaine sous-financée et mal équipée actuellement présente au Darfour, mais Khartoum s'y oppose.


Le commentaire de M. Kiir intervient au lendemain du sommet sur le Darfour à Tripoli, en Libye, au cours duquel les participants (Soudan, Libye, Tchad, Egypte, Centrafrique, Erythrée) ont mis l'accent sur une "solution africaine".


A l'issue de longues discussions à Addis Abeba, notamment avec une délégation soudanaise et l'Union africaine (UA), le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan avait annoncé jeudi que le Soudan avait "accepté" le "principe d'une opération hybride" ONU-UA au Darfour.


Mais le gouvernement soudanais a affirmé samedi qu'il "n'avait pas accepté" un déploiement de Casques bleus et que l'ONU n'offrirait qu'une assistance technique.