L'Onu accuse le Soudan de renforcer la crise au Darfour

Reuters

L'express, 22 Novembre 2006

Jan Egeland, secrétaire général adjoint de l'Onu chargé des Affaires humanitaires, a accusé mercredi le Soudan d'entraver de manière délibérée les efforts humanitaires au Darfour, d'attaquer des villages et d'armer des milices chargées de combattre les rebelles de cette région de l'ouest du Soudan.

Il a invité les membres du Conseil de sécurité à contacter immédiatement les dirigeants soudanais ainsi qu'à exercer des pressions sur les fournisseurs d'armes des rebelles.

"Les prochaines semaines pourraient être décisives pour notre lien vital avec plus de trois millions de personnes", a déclaré Egeland. "Cette période pourrait bien constituer la dernière occasion pour ce Conseil, pour le gouvernement du Soudan, pour l'Union africaine, pour les rebelles et pour chacun d'entre nous d'éviter une catastrophe humanitaire d'une ampleur bien plus grande que celle dont nous sommes d'ores et déjà témoins au Darfour."

De retour du Soudan, le coordonnateur des efforts humanitaires de l'Onu a dénoncé les atrocités commises au Darfour, théâtre d'une escalade des combats, de massacres, de pillages et de viols.

Le conflit qui a éclaté en février 2003 entre des rebelles issus des populations noires et le gouvernement appuyé par des milices arabes a fait plus de 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés.

Selon Egeland, quatre millions de personnes ont un besoin urgent d'aide humanitaire. Elles étaient un million deux ans auparavant.

"L'échec est celui du gouvernement dans son absence de volonté de protéger ses propres citoyens plutôt que d'alimenter le conflit, celui des rebelles dans leur refus de se joindre au cessez-le-feu", a dit Egeland.

Ces problèmes sont aggravés par "le mur d'obstacles administratifs que le gouvernement a lentement mais sûrement rebâti à la fois à Khartoum et au Darfour", a-t-il insisté.