PROPOSITION - Souhait du Tchad : Le Darfour sous mandat onusien

Redaction

Le Quotidien, 16 Novembre 2006

Le Premier ministre tchadien Pascal Yoadimnadji mène une offensive diplomatique et politique tous azimuts pour sensibiliser l’opinion nationale et internationale, contre ce que le Gouvernement appelle «un danger extérieur», parlant des affrontements intercommunautaires.

Face aux diplomates invités mardi, au Ministère des Affaires Etrangères, le chef du Gouvernement tchadien a livré le message demandant à la Communauté Internationale de mettre la région du Darfour, sous mandat onusien, «car, a estimé Yoadimnadji, seule la présence des forces onusiennes ramènera la paix dans le Darfour et permettra aussi aux réfugiés soudanais de regagner leur territoire».

Le Soudan a jusqu’ici refusé le déploiement sur son territoire de forces des Nations-Unies. M. Yoadimnadji a rencontré mardi, tour à tour, les leaders d’opinion, notamment la Société Civile, les partis politiques, les chefs religieux ainsi que les diplomates accrédités au Tchad.

«Les Tchadiens doivent taire leurs querelles et mettre entre parenthèse leurs divergences politiques et comme un seul homme, faire face à l’agression orchestrée par le Soudan contre le Tchad», a-t-il déclaré aux leaders d’opinions.

Le Premier ministre tchadien a récusé l’information selon laquelle, le Gouvernement armerait certaines populations contre les autres. «C’est archi-faux», affirme t-il.

«Les conflits intercommunautaires menacent dangereusement la cohésion nationale. Le Gouvernement n’a aucun intérêt à attiser la haine entre les communautés tchadiennes», ajoute M.Yoadimnadji.

De sources concordantes on apprend que plusieurs villages et cantons (une dizaine) dans le Mouro et Barh-Azoum dans la zone de Guelpi (Région de Ouaddaï) au Sud-Est du pays, ont été attaqués mardi par des assaillants non identifiés.

Ces villages sont vidés de leurs habitants et des champs ont été détruits. Il y aurait plusieurs morts et de nombreux blessés. Du côté des Forces de sécurité tchadiennes, on affirme avoir «maîtrisé la situation».

Au début de la semaine dernière, des affrontements intercommunautaires dans l’Est du pays, notamment dans les régions de Ouaddaï et de Salamat, ont opposé deux communautés tchadiennes faisant plusieurs centaines de morts.

Le Tchad, où l’Etat d’urgence a été décrété lundi pour entrer en vigueur mardi, accuse le Soudan d’être derrière ces affrontements qui sont d’une «ampleur sans précèdent», selon les autorités de Ndjaména.

Le Haut Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (Hcr) a qualifié également de fragile la situation à l’Est du Tchad.

Selon le Hcr, si l’on n’y prend garde, le Sud-Est du Tchad connaîtra le même sort que le Darfour, car les affrontements intercommunautaires y sont des «copies conformes des violences dans le Darfour».