La Chine étend ses relations avec l'Afrique

Bruno Philip

Le Monde, 06 Novembre 2006

L'assurance d'un doublement du volume des échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique, qui pourrait s'élever à partir de 2010 à 100 milliards de dollars l'an ; promesses d'un doublement de l'aide chinoise d'ici 2009 et offre de prêts et de crédits au continent africain d'un montant de 5 milliards ; signatures de contrats commerciaux d'une valeur de 1,9 milliard de dollars : la fin du sommet Chine-Afrique, qui s'est tenu à Pékin du vendredi 3 au dimanche 5 novembre, a été l'occasion pour le régime chinois de démontrer sa volonté d'étendre sa présence sur le continent africain et d'approfondir avec lui ses relations économiques.

"La Chine sera pour toujours un ami, un partenaire et un frère de l'Afrique", s'est exclamé, dimanche, le président Hu Jintao devant les 41 chefs d'Etat et de gouvernement de 48 pays africains venus participer à ce sommet au Palais du peuple, sur la place Tiananmen. Le principal contrat signé durant cet événement présenté par les médias de la République populaire comme le " plus important" jamais organisé dans le pays depuis la révolution de 1949, a été celui de la construction en Egypte par la Chine d'une usine de production d'aluminium pour une valeur de 938 millions de dollars. D'autres contrats ont été signés avec l'Afrique du Sud, le Soudan, le Kenya, le Nigeria et le Ghana.

Aucune annonce concernant des accords pétroliers n'a été faite alors que la Chine achète à l'Afrique 30 % de ses importations d'or noir. Les responsables chinois ont balayé les critiques reprochant à la Chine des comportements "néocolonialistes" avec une Afrique dont elle a besoin pour diversifier ses approvisionnements en ressources naturelles, mais où elle ne serait pas soucieuse de la "bonne gouvernance" des pays avec lesquels elle commerce. "Le développement commun est l'aspiration mutuelle des peuples africains et chinois. Nous sommes décidés à poursuivre une coopération mutuellement bénéficiaire pour nos peuples", a poursuivi le président Hu. "La Chine ne veut rien décider unilatéralement en Afrique", a expliqué le ministre chinois des affaires étrangères, Li Zhaoxing.

Auparavant, Hu Jintao, son homologue égyptien Hosni Moubarak et le premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, avaient annoncé la création d'un "partenariat" qui devrait garantir "l'égalité politique, la confiance mutuelle, une coopération gagnante-gagnante et (l'approfondissement) des échanges culturels".