Délégation du Conseil de sécurité à Addis Abeba pour parler du Darfour

Afp

Le Monde, 10 Novembre 2006

e Conseil de sécurité de l'ONU a décidé d'envoyer une délégation lundi à Addis Abeba, à l'invitation de l'Union africaine (UA), pour participer avec l'UA et le Soudan à des discussions sur le Darfour, a-t-on appris jeudi soir de sources diplomatiques.

Deux diplomates de pays membres du Conseil se rendront à cette fin dans la capitale éthiopienne, ont indiqué ces sources, sous couvert de l'anonymat, à l'issue de consultations impromptues du Conseil sur le Soudan. Elles n'ont pas précisé les nationalités, ni les noms de ces diplomates.

Le Conseil de sécurité a décidé le 31 août l'envoi de Casques bleus -- quelque 17.000 soldats et 3.000 policiers -- pour prendre la relève de la force de l'UA au Darfour, sous-financée et mal équipée, mais le président soudanais, Omar el-Béchir, s'y oppose, y voyant une tentative occidentale de recoloniser son pays.

En conséquence, les tentatives de mettre fin à la guerre civile qui sévit depuis février 2003 dans cette province de l'ouest du Soudan et à la grave crise humanitaire qui en découle sont dans l'impasse.

Jeudi, le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack, a indiqué que les Etats-Unis discutaient d'une formule de compromis sur la force que l'ONU tente de déployer au Darfour, insistant pour que l'ONU en reste un "élément central" au même titre que l'UA.

"Nous sommes en train d'examiner la façon dont nous pouvons répondre aux diverses inquiétudes exprimées par le gouvernement soudanais ainsi que d'autres gouvernements de la région, sur la nature de la force internationale", a déclaré M. McCormack.

Washington insiste sur une "force internationale dont l'implication de l'ONU serait un élément central, de même que l'implication de l'UA", a ajouté le porte-parole.

Les discussions se tiennent à l'ONU, mais aussi bilatéralement avec les pays de la région et notamment des pays arabes, a-t-il indiqué.

Il n'a pas précisé les hypothèses envisagées mais a reconnu que Washington est prêt à des compromis par souci d'efficacité.