Darfour : l'Onu veut protéger les réfugiés

Redaction

Afrique Centrale Info, 28 Octobre 2006

Le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Jean-Marie Guéhenno, a annoncé vendredi l’envoi prochain au Tchad et en République centrafricaine d’une mission d’évaluation des besoins pour protéger les réfugiés ou personnes déplacées du fait du conflit au Darfour voisin.

"Nous sommes très préoccupés par la situation au Tchad, vous avez vu les derniers incidents", a déclaré à la presse M. Guéhenno, à l’issue de consultations au Conseil de sécurité sur le Soudan.

Après avoir relancé dimanche les hostilités contre le régime du président Idriss Deby, l’UFDD, nouveau groupe né de la fusion de trois mouvements rebelles tchadiens, s’est replié depuis mercredi vers les frontières soudanaise et centrafricaine.

"Nous examinons comment une opération de paix pourrait empêcher la tragédie du Darfour de s’étendre en une tragédie encore plus grande au Tchad et en Centrafrique", a poursuivi M. Guéhenno.

"Nous enverrons une mission au Tchad et en Centrafrique pour évaluer en détail ce qui pourra être fait", a-t-il ajouté.

Le conflit au Darfour, région de l’ouest du Soudan où sévit une guerre civile et une grave crise humanitaire depuis février 2003, a débordé au Tchad voisin ainsi qu’en République centrafricaine, où des réfugiés ont afflué.

L’ONU estime à plus de 200.000 les réfugiés soudanais au Tchad et à plus de 50.000 les Tchadiens vivant près de la frontière et déplacés dans leur pays du fait du débordement du conflit.

M. Guéhenno n’a pas donné de chiffres concernant la Centrafrique.

Il a reconnu que protéger les civils au Tchad le long de la frontière soudanaise serait difficile, compte tenu de la longueur de celle-ci, près de 800 km.
Il n’a pas précisé quand la mission d’évaluation se rendrait sur le terrain, souhaitant que ce soit "le plus tôt possible car c’est une situation dont il faut s’occuper d’urgence".

Le haut responsable a réaffirmé que l’ONU travaillait à élaborer un plan pour soutenir la force de l’Union africaine au Darfour (Amis), en attendant un hypothétique feu vert des autorités soudanaises au déploiement d’une force de l’ONU dans la province, déploiement voté par le Conseil de sécurité mais bloqué par le refus persistant de Khartoum d’un tel scénario.

Lors des consultations au Conseil, Jan Pronk, émissaire spécial au Soudan du secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, s’est défendu d’avoir outrepassé son mandat comme l’ont affirmé les autorités soudanaises qui l’ont expulsé.

Le diplomate néérlandais, connu pour son franc-parler, a affirmé que les autorités soudanaises avaient agi car il les avait accusées de chercher une solution militaire au problème du Darfour.

"Je n’ai pas outrepassé mon mandat", a dit M. Pronk, que M. Annan a décidé de maintenir en fonction jusqu’à l’expiration de son contrat fin décembre.

"Ma critique du gouvernement de Khartoum pour sa poursuite d’une solution militaire" alors qu’il a signé un accord de paix en mai avec une faction des rebelles est la vraie raison de cette expulsion, a-t-il soutenu.

Le gouvernement soudanais avait ordonné dimanche l’expulsion sous trois jours de M. Pronk, qui avait quitté le Soudan le lendemain.

L’armée soudanaise avait vivement protesté la semaine dernière contre des affirmations publiées par M. Pronk sur son blog personnel, selon lesquelles elle avait subi des revers au Darfour.