Laisser-faire au Darfour

Dante Sanjurjo

Politis, 01 Novembre 2006

Le manque de volonté des Nations unies pour imposer des sanctions à Khartoum conduit à l’extension du conflit.


À défaut de pouvoir intervenir dans le conflit qui embrase la province soudanaise du Darfour, faute de volonté de la part de ses principaux membres, l’Organisation des nations Unies (ONU) parviendra-t-elle à empêcher la propagation des combats aux pays voisins ? Lundi, alors qu’elle venait juste de décider l’envoi de missions d’observation au Tchad et en Centrafrique pour y envisager le déploiement de casques bleus, de nouveaux et violents affrontements opposaient, dans l’Est tchadien, l’armée de N’Djamena aux rebelles du Darfour, qui y ont leurs bases.

Le Conseil de sécurité a bien autorisé, le 31 août, le déploiement au Darfour de 17 000 casques bleus. L’enjeu étant de relayer la Mission de l’Union africaine au Soudan (MUAS), qui n’arrive pas à enrayer un conflit opposant, depuis 2003, diverses factions rebelles au gouvernement de Khartoum et à ses milices. Mais le Président soudanais, Omar Hassan Mohamed al Bashir, refuse toujours cette intervention, qu’il présente comme une ingérence des « ennemis du Soudan » visant à déstabiliser le pays. Il ne consent qu’à un renforcement de l’appui de l’ONU à l’inefficace MUAS. Or, depuis la rentrée, les membres du Conseil de sécurité ont montré qu’ils n’étaient pas prêts à imposer de gré ou de force une mission de paix de l’ONU au Soudan. Les États-Unis, en particulier, rechignent à froisser le gouvernement soudanais, qui lui fournit de précieux renseignements pour sa « guerre contre le terrorisme » international. Khartoum a donc les mains libres au Darfour. Les massacres, les maladies et la malnutrition, qui ont déjà fait plus de 200 000 morts, devraient continuer.