Darfour - Washington tente d'accroître la pression sur le Soudan

Reuters

Reuters , 23 Septembre 2006

Les Etats-Unis et le Danemark ont tenté vendredi d'accroître la pression internationale sur le Soudan pour qu'il accepte le déploiement de casques bleus de l'Onu au Darfour, région en proie à un conflit civil.
Les Etats-Unis ne sont toujours pas parvenus à obtenir l'accord du gouvernement de Khartoum pour le déploiement d'une force de l'Onu au Darfour. Avec le Danemark, ils ont donc présidé vendredi une réunion à laquelle avaient notamment été conviés des alliés du Soudan, tels que l'Egypte, l'Algérie ou le Qatar.

""Le temps commence à manquer. La violence au Darfour ne se calme pas, elle empire"", a déclaré Condoleezza Rice, secrétaire d'Etat américaine, aux ministres et émissaires de 27 pays, de l'Union africaine, de la Ligue arabe et des Nations unies.

Cette réunion avait notamment pour objectif de rallier des pays jusqu'à présent silencieux ou réticents au sujet de l'envoi de quelques 20.000 casques bleus et policiers de l'Onu au Darfour, où l'armée gouvernementale est accusée de relancer une offensive de grande ampleur.

A l'issue de ces débats, Condoleezza Rice a dit penser qu'un ""effort maximal"" serait entrepris par les participants pour obtenir le feu vert de Khartoum au déploiement des casques bleus. Certains participants arabes ont en revanche plutôt insisté sur la nécessité d'appuyer les efforts de l'Union africaine.

MISE EN GARDE DU QATAR L'UA a accepté de prolonger jusqu'à la fin de 2006 la présence de ses quelque 7.000 militaires et observateurs censés empêcher les massacres au Darfour. Depuis que des rebelles issus des populations noires ont pris les armes en février 2003, le conflit avec l'armée et les milices arabes aurait fait 200.000 morts et 2,5 millions de réfugiés.

L'ambassadeur d'Egypte à l'Onu, Maged Abdelaziz, a déclaré à Reuters que chacun acceptait le principe d'une force de l'Onu, mais seulement avec l'accord de Khartoum, qui refuse de le donner.

""Le problème n'est pas d'obtenir le déploiement de la force de l'Onu. Le problème est de fixer notre stratégie pour les trois prochains mois, pendant que la force de l'Union africaine est encore sur place"", a-t-il dit.

L'ambassadeur du Qatar à l'Onu, Nassir Abdoulaziz al Nasser, a pour sa part averti que de trop fortes pressions sur le Soudan contribueraient à fragiliser davantage le gouvernement. Insister sur ""des forces de l'Onu serait une grande erreur"", a-t-il mis en garde.

Dans un communiqué, les deux présidents de cette réunion, Condoleezza Rice et son homologue danois Per Stig Moeller, affirment que ""les souffrances intolérables du peuple du Darfour doivent cesser"". Ils invitent Khartoum à autoriser un ""déploiement complet et rapide"" d'une force de maintien de la paix de l'Onu au Darfour.

Ce communiqué n'a pas été formellement approuvé par l'ensemble des participants.