L'accord de paix au Sud-Soudan signé à Nairobi met fin à 21 ans de guerre

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Afp, 09 Janvier 2005

NAIROBI (AFP) - L'accord de paix final au Sud-Soudan a été signé dimanche à Nairobi entre le vice-président soudanais Ali Osman Taha et John Garang, chef de la rébellion sudiste de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), mettant un terme au plus long conflit en Afrique.

MM. Taha et Garang, qui avaient longuement négocié cet accord pendant des mois d'entretiens à Naivasha, près de Nairobi, l'ont finalement signé au cours d'une cérémonie officielle, devant une vingtaine de chefs d'État et de gouvernement africains et de représentants de la communauté internationale, dont le secrétaire d'État américain, Colin Powell.

La cérémonie avait rassemblé quelque 5.000 spectateurs dans un des deux grands stades de Nairobi, le Nyayo Stadium, proche du centre-ville.

L'accord a été contresigné par le président kényan Mwai Kibaki et son homologue ougandais Yoweri Museveni, président de l'Autorité régionale intergouvernementale de développement (IGAD), le rassemblement de sept pays qui a organisé la médiation dans le processus de paix, a-t-on constaté. MM. Kibaki et Museveni ont signé en tant que "témoins", selon le programme officiel de la cérémonie.

M. Powell a signé lui aussi les documents avec d'autres témoins de l'accord, notamment le vice-président de la Commission de l'Union africaine (UA), Patrick Mazimhaka, le ministre luxembourgeois de la coopération et du développement, Charles Goerens, au nom de l'Union européenne, le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, et Jan Pronk, l'envoyé spécial de l'Onu au Soudan.

Le secrétaire au Développement international, Hilary Benn, a signé au nom de la Grande-Bretagne, et Hilda Johnson, ministre de la Coopération internationale, au nom de la Norvège.

L'accord de Nairobi met fin à un conflit vieux de 21 ans, le plus ancien en cours en Afrique.

La guerre, qui a éclaté en 1983 quand l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), issue du Sud à majorité chrétienne et animiste, s'est rebellée contre le Nord arabo-musulman, a fait au moins 1,5 million de morts et quatre millions de déplacés.

Mais cet accord ne ramène pas encore la paix dans l'ensemble du Soudan, où un autre conflit a éclaté en février 2003 dans le Darfour (ouest), faisant plus 70.000 morts et 1,6 million de déplacés.

La paix dans le sud est toutefois considérée comme un préalable indispensable à l'avancée des négociations entre Khartoum et les groupes rebelles du Darfour.

Dimanche, au Nyayo Stadium, l'hymne kényan a donné le signal de l'ouverture de la cérémonie, suivi d'un discours du général en retraite kényan Lazaro Sumbeiywo, qui a dirigé la médiation entre Khartoum et la SPLA.

"Je félicite les délégués du gouvernement du Soudan et de la SPLA, ainsi que l'ensemble du peuple soudanais, pour avoir choisi la paix", a-t-il déclaré.

"L'accord global est un enfant précieux, à élever avec soin et amour", a-t-il ajouté.

Dans la tribune centrale, le président kényan Mwai Kibaki était assis entre le président soudanais Omar Hassan el-Béchir et le président ougandais Yoweri Museveni, président de l'Autorité régionale intergouvernementale de développement (IGAD), le rassemblement de sept pays qui a organisé la médiation dans le processus de paix.

Le président de l'Union africaine, le chef d'Etat nigérian Olusegun Obasanjo, était représenté par son vice-président Abubakar Atiku.

Les présidents Abdelaziz Bouteflika (Algérie), Paul Kagame (Rwanda), Domitien Ndayizeye (Burundi), Ismaïl Omar Guelleh (Djibouti), Abdullahi Yusuf Ahmed (Somalie), Benjamin Mkapa (Tanzanie) le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi et le vice-président sud-africain Jacob Zuma assistaient aussi à la cérémonie avec de nombreux autres représentants de la communauté internationale.

Des chants et des danses ont rythmé le déroulement de la cérémonie dans le stade, où la foule, majoritairement sud-Soudanaise, avait bruyamment applaudi à l'arrivée de M. Garang.

Et après la signature, MM. Garang et el-Béchir ont écouté côte à côte l'hymne national soudanais, pour la première fois depuis l'arrivée au pouvoir du président soudanais, en 1989.