Signature du cessez-le-feu au Sud-Soudan

Ap

Ap, 31 Décembre 2004

NAIVASHA, Kenya (AP) - Vers la paix au Sud-Soudan, après 21 ans de guerre civile. Le gouvernement soudanais et les négociateurs de l'APLS (Armée de libération des peuples du Soudan), après avoir surmonté leurs dernières divergences, ont signé vendredi un accord de cessez-le-feu permanent, ainsi que les protocoles destinés à régler les conditions du partage du pouvoir et des richesses et la gestion de la période de transition de six ans.

Les partenaires internationaux du Soudan espéraient désormais que la paix au Sud puisse accélérer le règlement de l'autre conflit sanglant du pays, opposant rebelles et forces soutenues par Khartoum au Darfour, qui a fait plus de 70.000 morts depuis mars et jeté deux millions de personnes sur les routes.

Du côté du Sud, à l'issue de deux ans de pourparlers, les parties ont levé le dernier obstacle sur le financement de l'armée séparée que la rébellion compte maintenir dans le sud à titre de garantie de sécurité pendant la transition, a déclaré Yasir Arman, porte-parole de l'APLS.

Le cessez-le-feu devait entrer en vigueur 72 heures après la signature, et l'accord de paix officiel devait être signé le 9 janvier à Nairobi, Kenya.

"Nous avons désormais tous les éléments qui constitueront l'accord de paix global. Chaque sujet a été discuté et un accord trouvé", a déclaré le général Lazaro Sumbeiywo, chef des médiateurs.

Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan s'est réjoui dans un communiqué de cette signature, impatient de voir l'accord définitif et global permettre d'"ouvrir la voie à une nouvelle ère de paix au Soudan, dans laquelle l'ONU est prête à jouer un rôle important".

La guerre au Sud-Soudan, qui aura vu s'affronter le régime islamique de Khartoum et le sud chrétien et animiste pendant toute une génération, aura fait plus de deux millions de morts.

A Khartoum, les Soudanais du Sud sont descendus dans les rues vendredi, brandissant pour la première fois les drapeaux de la rébellion dirigée par John Garang, un fort inhabituel déploiement de sentiment sudiste dans cette capitale étroitement sous contrôle.

"L'accord de paix est le début de la véritable indépendance", a estimé Qamar Hassan al-Taher, membre de l'APLS, tandis que des milliers de personnes défilaient aux cris de "Bienvenue au nouveau Soudan".

Pour la première fois, le drapeau vert, noir, rouge, blanc et bleu, frappé d'une étoile dorée, de la rébellion du sud apparaissait dans les rues de Khartoum, alors que des chants retentissaient dans les haut-parleurs, sans que la police intervienne. Les précédents rassemblement de sudistes avaient été jusque là cantonnés dans les universités.

Dès le début de la cérémonie de signature en revanche, les rues se sont vidées, s'agglutinant autour des téléviseurs, certains installés sur les trottoirs, pour suivre ce moment historique.