Darfour : le gouvernement soudanais juge "acceptables" les demandes d'un groupe rebelle

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Ap, 31 Octobre 2004

ABUJA, Nigeria (AP) - Le gouvernement soudanais a exprimé son optimisme dimanche au sujet d'une solution politique à la crise du Darfour, après avoir écouté les propositions d'un groupe rebelle, qu'il a jugées "raisonnables et acceptables".

Le Mouvement pour la justice et l'égalité, le plus petit des deux groupes rebelles représentés aux discussions parrainées par l'Union africaine à Abuja, au Nigeria, a fait une "déclaration de principes", dimanche, appelant à une plus grande représentation au niveau national et à davantage de pouvoirs locaux pour le Darfour.

Le porte-parole du groupe, Ahmed Hussain Adam, a déclaré que les propositions du groupe portaient sur "les vraies questions: la marginalisation politique, la marginalisation économique et la marginalisation sociale" des groupes ethniques du Darfour.

Il a précisé que les propositions du gouvernement pour des pouvoirs accordés aux trois États du Darfour - dont l'élection de leur propre parlement- étaient des "paroles vides". Il a appelé à la représentation des groupes ethniques du Darfour à la présidence du Soudan et à la restructuration de l'armée pour englober davantage d'habitants du Darfour et d'autres régions.

"Je pense que les demandes faites sont toutes raisonnables et acceptables", a déclaré Abdel Rahim Kalil, l'ambassadeur du Soudan au Nigeria et membre de la délégation soudanaise aux pourparlers.

"Nous pensons que toutes les régions du Soudan doivent être représentées de façon adéquate au niveau fédéral", a-t-il dit.

Le plus important des deux groupes rebelles, l'Armée de libération du Soudan, a quant à lui fait savoir qu'il n'était pas prêt à faire de compromis sur certaines de ses exigences clefs. "Nous devons séparer la religion et l'État", a estimé Mahgoub Hussain, porte-parole du groupe.

Abdulrahman Zuma, porte-parole du gouvernement soudanais, a déclaré que la Charia resterait en vigueur au Soudan, déclarant qu'il s'agissait du choix du peuple.

Les Nations unies ont estimé que le Darfour était le théâtre de la plus grave crise humanitaire au monde. Selon l'ONU, au moins 70.000 personnes sont mortes depuis mars -la plupart de faim et de maladie- tandis qu'1,5 million d'autres ont fui leurs maisons depuis février 2003.

Khartoum a jugé les chiffres l'ONU d'exagérés, évoquant un bilan d'environ 7.000 morts.