Washington dément un changement de politique au Darfour

Redaction

Cyberpresse, 04 Novembre 2006

Les États-Unis souhaitent que des soldats de l'ONU soient déployés au Darfour (ouest du Soudan), ravagé par la guerre civile, a indiqué samedi un porte-parole de la Maison-Blanche, réfutant un changement de politique pour mettre fin à ce qu'ils qualifient de génocide.

Le président américain George W. Bush «est déterminé à mettre fin à la violence au Darfour et nous examinons toutes les possibilités pour y parvenir, mais nous soutenons totalement une résolution de l'ONU et le déploiement des forces de l'ONU dans la région dès que possible», a dit à l'AFP le porte-parole Tony Fratto.

Vendredi soir, l'envoyé spécial de M. Bush au Soudan, Andrew Natsios, a suggéré que Washington, dans ce qui serait considéré comme un changement important de la politique américaine, renonçait à demander une force de paix de l'ONU au Darfour.
«Le président (Bush) pense qu'il faut une force internationale crédible et efficace. Comme vous pouvez vous en douter, nous examinerons toutes les options qui apporteraient la paix au Darfour, mais ces options devront être inscrites dans le cadre de la résolution de l'ONU», a dit M. Fratto.

«Il n'y a pas de changement dans notre politique et ce n'est pas ce que l'envoyé spécial (américain au Darfour Andrew Natsios) a décrit», a-t-il ajouté.

M. Natsios a indiqué dans un entretien diffusé vendredi sur le site Internet du Musée national américain de l'Holocauste, que Washington et d'autres gouvernements occidentaux étaient en train d'étudier une «voie alternative» pour gérer la situation au Darfour qui a fait 200 00 morts et 2,5 millions de déplacés depuis 2003 selon l'ONU.

«Notre intérêt réel dans ce cas, ce n'est pas le nom qu'on lui donne ni à quoi ressemble le casque, mais combien (la force) est solide et efficace», a-t-il dit.

«Si elle (la force) ne porte pas un casque des Nations unies mais qu'elle est très compétente et très énergique, alors cela correspondra à notre intention», a ajouté M. Natsios.

Washington pourrait accepter soit une force de l'Union africaine (UA) renforcée soit une force conduite par des pays arabes ou musulmans, pouvant être soutenue par des moyens financiers ou logistiques de l'ONU, a poursuivi M. Natsios.

C'était la première confirmation officielle d'un changement d'attitude des Américains après le vote d'une résolution le 31 août 2006 au Conseil de sécurité de l'ONU qui réclame un déploiement de quelque 20 000 soldats de l'ONU au Darfour.

Mais le président soudanais Omar al-Béchir a refusé l'arrivée d'une telle force qu'il considère comme un retour à la colonisation.

Jeudi, M. Bush avait évoqué un nouveau «plan» pour le Darfour devant l'impossibilité de déployer une force d'interposition de l'ONU, en suggérant l'envoi d'une «force internationale crédible et efficace».